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 Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]

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MessageSujet: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Mer 12 Juin - 17:33

« Allez ! Dépeche-toi ! Ça a déjà commencé ! »

Alyss soupira et rejoignit l'enfant qui l'attendait au niveau de l'entrée du centre commercial de Doublonville . Marie était vraiment impatiente, ses yeux clairs qui pétillaient de bonheur. La jeune fille l'embrassa sur le haut de son front avant de lui tendre la main.

« Il n'y a pas le feu, les activités ne vont s'arrêter que tard ce soir. »

D'ailleurs, pourquoi étaient-elles à Doublonville ? Il paraissait qu'aujourd'hui, c'était l'anniversaire du magasin et que pour l'occasion, ils organisaient des promotions exceptionnelles. En plus de cela, ils organisaient des activités pour les enfants. Quoi de mieux pour ces chères petites têtes blondes. Marie était venue la veille voir Alyss chez elle afin de lui demander de l'accompagner. Son grand-père n'avait plus les forces pour se déplacer, ce qui expliquait pourquoi l'enfant se tournait vers une personne qu'elle admirait énormément : Alyss. Et comme à son habitude, la coordinatrice avait accepté de l'accompagner. Pourtant faire les magasins, ce n'était pas du tout ce qu'elle adorait le plus au monde. Elle avait énormément de mal avec la masse de population. Même si elle arrivait maintenant à se contrôler un minimum, elle n'était pour autant très à l'aise. Mais bon, elle faisait ça pour le bonheur de la petite. Fallait qu'elle sorte, qu'elle s'épanouisse un peu. D'un certain côté, Alyss se retrouvait dans cette petite de 8 ans. Elle ne semblait pas avoir beaucoup d'amis, vu le temps qu'elle passait chez l'éleveuse et avec cette dernière. Elle essayait de se raccrocher à quelque chose pour ne pas perdre le sourire. Alyss était pareil. Dans le passé. Et maintenant. Maintenant à cause des cauchemars incessant toutes les nuits, des bouffées d'angoisses qui montaient sans qu'elle ne comprenne vraiment pourquoi, des maux de têtes soudains et violents, des flashs et des hallucinations sensorielles qu'elle subissait depuis quelques temps. Le médecin n'arrivait pas à trouver la cause de tous ces soucis. Mais elle était tout de même sous anxiolytique et antipsychotiques. Sans qu'ils n'agissent réellement.

« Alyss ? Tu m'entends ? »

La jeune fille secoua la tête et sortit de ses pensées pour tourner son attention vers l'enfant. Cette dernière soupira et lui adressa un triste sourire.

« Tu ne m'écoutes pas.... Tu penses encore à ça ? »

Alyss acquiesça d'un signe de tête. Oui, elle avait du mal à se concentrer sur quelque chose en ce moment. Et ce n'était pas contre sa volonté, elle faisait de son mieux pourtant.

« Excuse-moi. Tu disais donc ?
- Tu vas t'en sortir pour les courses ?
- Il n'a pas l'air d'avoir trop de monde encore. Et puis, je n'ai pas grand chose à prendre.
- Tu as pris tes médicaments ?
- Ton oncle nous retrouve à quelle heure ?
- Tu ne réponds pas à la question !
- Toi non plus.
- ... Il avait dit à papy qu'une fois que les activités seraient finies je devais aller le rejoindre à son bureau. C'est juste à côté, je vois où c'est. Tu me promets que ça ira ?
- Oui, je te le promets.
- D'accooord. J'y vais ! À plus tard Lyly ! »

Marie s'éloigna, allant rejoindre d'autres enfants au niveau des activités ludiques. Alyss quant à elle, la regarda s'éloigner puis, au bout de quelques instants, elle reprit son avancée, se dirigeant vers les rayons.

Elle marchait. Sans vraiment faire attention à ce qu'il y avait à côté d'elle. Elle ne savait même pas dans quel rayon elle se trouvait et vers quel rayon elle se dirigeait. Elle regardait les étalages avec un air distrait, ailleurs. A certains moments, elle arrivait à revenir à la réalité et à récupérer des articles dans son panier de courses. Alyss avançait le regard perdu dans ses pensés. Cela faisait quelques temps déjà qu'elle avait le teint très pale. Elle avait également perdu du poids, ce qui inquiétait sérieusement Will et les autres. Ça l’inquiétait aussi, ne sachant pas ce qui était à l'origine de tous ses maux. Enfin... Elle avait une hypothèse. Loufoque ma foi. Mais elle restait tout de même une hypothèse. Ses souvenirs perdus. Peut-être que c'était eux qui étaient à l'origine de tous ça. Peut-être qu'ils essayaient de remonter à la surface de sa conscience et qu'inconsciemment elle essaye de les refouler. Enfin, c'était totalement farfelu.

Elle percuta une personne. Le coup, si peu violent qu'il soit, la fit de nouveau sortir de ses pensées. Et quelle fut sa surprise lorsqu'elle la reconnut. C'était une jeune femme brune les cheveux coupés en un carré plongeant. La dernière fois qu'elle l'avait vu, ils étaient longs. Mais le visage restait le même. De grands yeux couleur chocolat profonds et sombres. Un visage ferme et peu expressif.

« Chocolate ? »

La dernière et la seule fois qu'elle l'avait vu, c'était à un concours de coordination. Elles avaient été toutes les deux finalistes mais malheureusement, le match n'avait pas eu lieu pour cause de complications dans l’arène de la championne. Enfin... Ex-championne. Il paraissait qu'elle s'était retirée de la communauté des champions maintenant.

Alyss lui adressa un faible sourire avant de baisser les yeux.

« Owh désolée, je ne voulais... pas te percuter, je n'avais pas fait... attention qu'il y avait quelqu'un devant moi... Comment... Comment vas-tu ? »

Mal à l'aise. Elle était sérieusement mal à l'aise. Elle piqua un fard monumental et détourna le regard. Vite fallait qu'elle trouve quelque chose pour s'occuper. Tout en paraissait discret. Ne pas montrer qu'on est mal.

Se calmer.

Brusquement, elle se tourna vers l'étale des fruits et légumes, récupéra un sachet et mit tout ce qui lui tombait sous la main dans son sac. Elle jetait de temps en temps des coup d’œil à Chocolate, montrant qu'elle était toujours intéressée par la conversation qu'elle venait de mettre en place. Il fallait qu'elle s'occupe. Qu'elle paraisse bien. Qu'elle ne montre pas que ce n'est pas la forme. En espérant qu'elle ne prenne pas non plus un vent de la part de l'ex-championne.

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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Jeu 13 Juin - 14:33

Perdue de vue

Chocolate n'aimait pas les centres commerciaux. Elle n'aimait pas la foule qui s'y tassait, les gens désagréables qui se poussaient, les gamins qui hurlaient. Dans ce genre d'endroit seuls les bipèdes à peau humide étaient autorisés. Les pokémons même les plus petits étaient rangés dans leur ball et tout bonnement interdits de sortie dans les couloirs. Seules quelques boutiques les toléraient, acceptant de faire une petite place pour accueillir les compagnons de leurs acheteurs le temps de leur visite.

Oui, Chocolate détestait les centres commerciaux. Elle préférait les Lavacookies aux total soin, les jus de baies aux potions, et les grosseracines aux rappels. Elle qui élevait ses pokémons à la main et avait certaines pensions en horreur ne supportait pas l'idée de doper ses protégés avec des liquides créés par un laboratoire connu pour être corrompu au plus profond de ses fondations.

Elle revenait de l'arène de Doublonville, qu'elle avait conquise quelques jours auparavant. Après une discussion avec elle-même, elle avait décidé de rester quelques jours de plus dans cette grande ville. Le reste du chemin allait être essentiellement composé d'îles et de petites villes de montagne, ce serait sans doute le dernier véritable contact avec la civilisation connectée qu'elle aurait avant longtemps.

La veille, elle avait entraîné Leviator. Il était devenu plus obéissant après sa victoire contre Meister et avait commencé à devenir plus docile. Mais son entraînement l'avait à un moment fait exploser dans une fureur que même Chocolate avait eu du mal à contrôler. Il l'avait envoyée voler contre le mur, elle s'était blessée dans le bas du dos et avait brisé sa boîte à badge, qui l'avait protégée d'une fracture.

Avec un hématome qui lui faisait souffrir le martyr, elle était donc venue en recherche d'une nouvelle boîte pour ranger ses badges. Le teint légèrement fatigué, elle arpentait les stands du couloir principal en cherchant un marchand de breloques. Elle ne voulait pas entrer dans une boutique pour dresseurs. Trop de personnes la connaissaient. Elle laissa un stand de baies, étouffa un bâillement, et ... se retourna, lorsqu'on la bouscula.

Immédiatement sur la défensive, elle décrocha par réflexe les balls d'Ossatueur et de Leviator, se tournant avec un regard déterminé à combattre... personne. Enfin, si. Une jeune fille, blonde, habillée étrangement en plus de ça. Elle fronça légèrement les sourcils en l'entendant appeler son nom. Ah. Elles se connaissaient ?

Elle la fixa lorsqu'elle baissa le regard, et raccrocha ses balls lorsqu'elle commença à collecter des fruits dans un sachet. Ah. Oui ! Cela lui revenait maintenant. Le concours. Celui qui avait failli mettre Peter en caleçon.

Chocolate : Excuse-moi, Alyss, c'est bien ça ?

Elle s'autorisa un sourire devant sa panique. Et bien. Soit son altercation à l'arène lui avait fait une réputation de femme dragon, soit cette demoiselle avait de l'assurance uniquement lors d'un concours.

Chocolate : Cela fait longtemps. Pressée, écrasée et même bousculée, mais je vais bien merci. Et toi ?

La championne de Jadielle lui tourna légèrement le dos et commença à partir, la laissant terminer son passionnant achat. Elle voulait sortir d'ici au plus vite avec ou sans Alyss. Ses badges se baladaient dans sa poche droite depuis quelques heures et elle avait trop peur d'en perdre un. Après avoir humilié un champion et respectivement inondé et explosé le toit de deux autres, elle ne pensait pas pouvoir les récupérer si facilement. Elle avait dû rendre totalement vert Peter avec cette histoire. Lui qui était tellement près de son argent.

Chocolate : Qu'est-ce que tu fais là ?

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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Sam 15 Juin - 16:37

Au moins quelque chose de positif. L'ancienne championne lui avait répondu. Et malgré le temps qu'elle avait mise à la reconnaître, elle l'avait tout de même reconnue. Alyss était restée au niveau de l'étale à fruits et légumes, enlevant, rajoutant n'importe quels fruits. C'était juste pour s'occuper les mains et l'esprit.

Chocolate : Cela fait longtemps. Pressée, écrasée et même bousculée, mais je vais bien merci. Et toi ?

Merde. Pourquoi. Pourquoi fallait-il qu'on lui demande comment elle allait... elle allait mal. Très mal. Ou très bien. Elle ne savait plus vraiment. Les secondes passaient et elle ne savait toujours pas comment répondre à cette question problématique. Ça y est. Elle qui essayait de garder son calme n'arrivait plus à le contenir. Comme des éclats de verres, il se brisa et tomba en morceau.Comme de la fumée toxique, le sentiment d'angoisse montait et l'envahissait. Elle suffoquait, tremblait. La jeune fille essaya de respirer tranquillement. Non ça n'allait pas. Ça ne fonctionnait pas. Et cette sensation d'oppression qui augmentait, et ces nausées qui revenaient avec ce mal de crâne.

Chocolate s'était éloignée, la laissant seule.

Non. C'était faux.

Non, elle s'était éloignée de la championne. Elle n'était plus au rayon fruits et légumes. Où est-ce qu'elle se trouvait ? Elle en avait aucune idée. Elle qui avait entreprit une conversation avec la coordinatrice de la dernière fois, venait de lui tourner les talons sans s'en rendre compte. Alyss s'adossa à rayon et ferma les yeux.

« Putain de merde... »

Crise d'angoisse. Elle ne pouvait pas passer une journée maintenant sans en faire une. Sa poitrine la faisait souffrir le martyr. Elle tenta de se serrer dans ses bras pour calmer les spasmes et les tremblements qui l'envahissait. Et ces bruits à l'intérieur de sa tête qui n'arrêtaient pas.

« Vous allez bien mademoiselle ? »

L'éleveuse sursauta, affolée. Elle ne s'en était aps rendu compte, une dizaine de personne s'était attroupées autour d'elle, la regardait avec un air...

Inquiet ?
Affolé ?
Étrange ?
Dangereux ?

Les battements de son cœur accélèrent une nouvelle fois. Owh non. Pas encore. Les visages se déformaient tous. Ces gens étaient dangereux. Elle suffoquait. Elle était entourée. Elle s'étranglait. Elle était mal. Alyss referma les yeux et tenta de se calmer une nouvelle fois.

« Mademoiselle ? »

Une main se posa sur son épaule. Ce qui eu pour effet de la faire réagir brusquement et violemment. Elle la repoussa avec force et chercha ses dagues. Puis, son corps se figea un instant, son visage devint livide. Elle les avait laissées à la maison. Elle ne les avait pas. Alyss n'avait pas ses dagues.

Brusquement, elle détala, se frayant un passage entre le groupe de personne qui s'était mis à l'entourer. Elle courait. Sans savoir où est ce qu'elle se dirigeait. Sa respiration était rauque et saccadée. Ses sensations étaient démultipliées, étrange. Elle réussi tout de même à récupérer un objet à la volée. Un couteau de chef.

Elle courait. Où allait-elle ?

Non. Que cherchait-elle ?

Chocolate.

C'était la seule personne ici qu'elle connaissait.

Là.

Ça devait être elle.

Peut-être.

Sûrement.

Le monde se mit à tanguer violemment. Alyss attrapa le bras de la championne et la força à s’arrêter. D'une main, elle la serrait fortement, enfonçant limite ses ongle dans la peau de jeune fille, l'autre main tenant fermement le manche du couteau, le bras ballant. Finalement, elle le laissa tomber pour attraper de sa deuxième main le bras. La coordinatrice était là, tremblante, les yeux fermés, le front posé sur l'épaule de Chocolate.

« Pardon. Je... n'ai pas répondu... à ta question... Je... ne me sens pas... bien depuis quelques temps. Aide-moi. Il faut sortir d'ici. Ça... pas le faire. Le monde s'écroule. Non le sol. Et des nausées. Une crise d'angoisse. Je me sens... comme...  »

L'éleveuse ne finit pas sa phrase, se mordant la langue pour essayer de calmer ses tremblements et les nausées qui la prenaient. Et ses médicaments qui ne servaient à rien. Chocolate ne devait pas comprendre grand chose entre ses tremblements et ses suffocations. Elle lui expliquerait plus tard. Fallait qu'elle sorte.
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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Ven 12 Juil - 21:24

Inspire, expire.

Chocolate s'était absentée quelques minutes, elle avait foncé droit devant, cherchant une boutique d'accessoires pour dresseurs. A peine quelques instants pour elle, une éternité pour perdre quelqu'un. Elle ne voyait plus Alyss nulle part. Vaguement inquiète, elle se dit qu'elle avait dû voir quelque chose - et que dans le pire des cas, ce qu'il advenait d'elle n'était pas son problème. D'autant que dans une gallerie commerciale, la demoiselle avait quand même peu de chance de disparaître sans laisser de trace ou de se faire embarquer de force par un organisme quelconque.

A nouveau concentrée sur son problème, l'ex championne de Jadielle entra dans "écrins de stars", et en ressortit presque aussitôt. Des paillettes, du rose bonbon, du tafetas et des rubans. Prise d'un frisson d'horreur, elle inspira calmement. Quel endroit pouvait lui donner une boîte à badges simple, fonctionnelle, sans fioritures et suffisamment solide pour supporter ses entraînements ?

Elle fit quelques pas supplémentaires, prenant le temps de flâner... et fut brusquement bousculuée. Un grapin violent lui attrapa le bras, elle réagit au quart de tour, prête à péter le nez de son agresseur... lorsqu'elle vit Alyss. Ou du moins. Pas exactement Alyss. Elle était pâle, au bord des larmes, tremblante, elle s'accrochait à elle comme à une bouée de sauvetage, semblant au bord du malaise vomitif...

Oh non. Pitié. Chocolate ne savait pas prendre soin des autres.

La championne ne prit pas la peine de lui répondre. Elle était dans un état de stress très avancé. N'ayant aucune idée de ce qui la mettait dans une psychose pareille, l'ex-championne de Jadielle l'attrapa par le bras, et s'extirpa de la foule en jouant des coudes et des pieds. Elle bouscula deux ou trois clampins, le visage fermé, et s'arrêta enfin près de l'entrée. Elle sortit de son sac une bouteille d'eau, et l'ouvrit pour la lui tendre, dissuadant quiconque de l'approcher au risque de représailles immédiates et violentes.

Chocolate : Boit un peu d'eau Alyss. Calme-toi. Respire.

Elle la fixa de la manière la plus neutre possible, n'étant pas capable de montrer vraiment de la compassion. Elle s'inquiétait pour elle, bien sûr... mais n'ayant aucune idée de ce dont cela pouvait s'agir, elle se protégeait bien droit derrière un énorme mur d'indifférence. Et bien. Il ne fallait pas se mettre dans des états pareils pour un peu de foule !

Chocolate : Tout va bien.

Avec l'entrain d'un robot mixeur, elle essayait de la calmer de son mieux. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle remarqua... l'énorme couteau de cuisine qu'elle avait dans la main.

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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Mer 17 Juil - 16:28

Awh. Elle était de nouveau assise. Depuis combien de temps ? Aucune idée. En fait, elle ne se souvenait pas s'être déplacée. Et pourtant dans ce qu'elle percevait du monde, tout était différent du lieu où elle avait retrouvé Chocolate. Ici, il y avait de l'air. Un vent frais qui fouettait son visage. Alyss bascula sa tête en arrière, les yeux fermés, essayant de se calmer en respirant de l'air frais.

Se calmer.

Respirer. Inspirer. Bloquer. Expirer.

Se calmer putain. Pourquoi les battements du cœur étaient violents et rapide ? Et ses tremblements qui n'arrêtaient pas. La bouche sèches. Des nausées. Merde. Elle avait envie de hurler, de se rouler en boule dans un coin en se tenant les épaules au point de les lacérer.

Chocolate : Boit un peu d’eau Alyss. Calme-toi. Respire.

Une... Voix. Chocolate. Alyss rouvrit les yeux et récupéra la bouteille. Boire doucement. Ne pas s'en mettre partout à cause des tremblements. Avec pas mal de difficulté, elle réussit à en prendre quelques gorgés fraîches. Tout semblait se calmer un peu. Les spasmes se faisaient de moins en moins fréquents et la respiration devenait de plus en plus régulière. L'éleveuse se forçait à respirer à grandes bouchées d'air. Expire. Inspirer. Et ainsi de suite.

Chocolate : Tout va bien.
Alyss : Non rien ne va. C'est... C'est...

Elle se stoppa dans le début de sa phrase et se recroquevilla de nouveau. Fermant les yeux, se refermant sur elle-même. Et voila que ça recommençait. Calmer l'agitation intérieur. Remettre de l'ordre, reprendre le contrôle de tout. C'était pitoyable. D'ailleurs, pourquoi était-elle dans cet état ? Quand est-ce que ça avait commencé ? Elle ne savait plus vraiment. Comme si elle avait été plus ou moins mal avant d'arriver ici.

Une patte douce et chaude se posa sur l'épaule de la jeune fille. Elle réagit brusquement. Sur la défensive. Elle récupéra le couteau rapidement et pointa l'arme vers la personne ou la chose qui l'avait effleurée. Jazz. Ce n'était que lui. Son Ossatueur qui se tenait droit à ses côtés, la fixant avec un regard remplis de compassion. Elle n'avait même pas remarqué qu'il était sorti de sa ball. Alyss soupira et baissa l'arme, la déposant de nouveau à terre.

Alyss : Désolée. Vraiment désolée de vous infliger ça. Je... suis exténuée. J'ai constamment l'impression d'être à la frontière de deux mondes. Et de ne plus être moi-même. Comme si... Quelque chose était en train de se briser en moi... Je ne dors presque plus. Manger est difficile. Tout est devenu invivable. Je vois des choses.... J'en entends d'autres. Les médecins ne trouvent rien. Les médicaments ne font rien. Tout se confond et se mélange.

Il fallait qu'elle parle. Qu'elle explique à Chocolate, elle qui la regardait avec un air qui semblait à la fois indifférent et inquiet. Et quitte à parler, tant pis si elle devait s'adresser à un mur. Elle allait mal. Tout s'effondrait. Perdue. Angoissée. Détraquée.

C'est un trou de verdure, où chante une rivière...

Alyss sursauta de nouveau, regardant autour d'elle. Une voix. Masculine. Elle l'avait entendu. Chantant un poème. Non. Le poème. Tel un engrenage rouillé, les vers apparaissaient dans son esprit, se complétant doucement, formant des strophes, puis le poème entier, tournant lentement. Elle le connaissait. Par cœur. Sans avoir le souvenir de l'avoir appris. Le Dormeur du Val. Rimbaud. Apeurée, elle jeta un coup d’œil à Chocolate.

Alyss : Tu... as entendu ?

Quelle question stupide. Bien sur que non. Elle aurait entendu cette voix, elle aurait réagi, certainement. La voix devait venir d'elle alors. De son esprit. Encore une fois.

Accrochant follement aux herbes des haillons...

Une autre voix. Féminine. L'éleveuse plaqua ses mains contre ses oreilles, secouant vigoureusement la tête.

Alyss : Partez... Partez je vous en prie.

Alyss se recroquevilla de nouveau, sa tête posée sur ses genoux et serrant le couteau contre elle. Jazz lança un regard inquiet et profond à Chocolate. Silencieux. Tout passant par un simple regard. Elle devait rester. Enfin si elle le pouvait. Essayer d'aider. Ou attendre. Le temps que ça se calme tout seul.

??? : Excusez-nous. Sécurité du centre commercial. On nous a signalé que cette jeune fille se promenait avec un couteau de cuisine au sein du bâtiment. Elle peut être dangereuse. On doit la neutraliser. Ou récupérer l'ar...
Alyss : Non.

La coordinatrice se trouvait maintenant debout, adossée contre le mur, le visage perlant de sueur froide, les deux bras tendus vers l'avant. Les mains tenant le couteau devant elle, menaçante. Dans ses yeux brillait une lueur d'horreur et de peur.

Alyss : Ne... M'approchez... pas. Me... touchez... pas. Pas ça.

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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Mar 13 Aoû - 11:10

Expéditif

Qu'est-ce qui lui arrivait ? Qu'est-ce qu'elle avait ? C'était quoi cette crise de spasmes, cette façon de se rouler en boule, de retenir ses larmes, d'avoir l'air d'une énorme boule de nerfs prête à péter à la gueule du premier abruti trop gentil pour comprendre ? Pourquoi est-ce qu'elle avait l'air de souffrir aussi fort ? Est-ce qu'elle avait fait quelque chose ? Est-ce qu'elle avait dit quelque chose ? Chocolate était perdue, totalement à l'ouest. Les relations humaines n'étaient pas son fort. Et c'était pire encore lorsque l'autre était dans un état... comme celui-ci.

Elle eut un mouvement de recul brusque en la voyant dégainer son couteau, présenta son bras en parade, mais le coup n'était pas pour elle.

Sa phrase d'excuses lui demanda des efforts considérables pour ne pas ouvrir des yeux gros comme des soucoupes. Ah oui, d'accord. La petite Alyss qui jouait les coordinateurs de génie était une psychopathe de compétition doublée d'une dangereuse manipulatrice de couteau de cuisine. Elle nageait en pleine quatrième dimension. Effrayée par le manque de maîtrise qu'avait la demoiselle de sa propre personne, elle fit un pas en arrière lorsqu'elle commença à délirer.

Non, Chocolate n'avait rien entendu. Rien d'autre que les murmures de plus en plus insistants des passants, des mères avec leurs gamins, des jeunes hommes avec leurs petites amies. Des voix de plus en plus sèches. Elle gémissait, elle couinait, et son pauvre Ossatueur n'était pas en mesure de la calmer. Chocolate sentit ses mâchoires grincer l'une contre l'autre. Elle détestait ça. Les gens faibles et dangereux. Ceux qui n'avaient plus la toute maîtrise de leur esprit et qui se vautraient sur les autres pour ne plus supporter leur propre existence. Le regard dur, elle plaqua sa main contre le ventre du vigile pour le tenir à distance. Il était inutile de raisonner Alyss.

Les deux hommes sortirent leurs armes, mas Chocolate fut plus rapide. Entraînée, vive, elle leva la jambe, cogna net dans le poignet d'Alyss pour lui faire lâcher son arme. Son autre pied envoya valser l'arme, elle la fit pivoter, la plaqua au sol, et mit un coup net sur sa nuque, pour l'envoyer en voyage au pays des rêves. Sous les protestations vives des deux hommes, elle la souleva.

??? : Jeune homme, ce n'est pas à vous de...

Chocolate : Il n'y a rien à voir, circulez. Je m'occupe d'elle.

Pour illustrer ses propos, elle redressa Alyss, l'attrapa comme une princesse, et partit la tête bien haute. Bordel. Elle était définitivement trop gentille, avec tout le monde. Le regard fermé, l'air mauvais, elle trouva un bar miteux au fin fond de la ville, les jambes ankylosées d'avoir porté les cinquante kilos au bas mot d'Alyss avec toutes ses fanfreluches. Elle la redressa un peu, allongea ses jambes sur sa banquette, et attendit patiemment qu'elle revienne à elle.

Après les niais et les mégalomanes, voilà qu'elle faisait dans le social avec les sociopathes.

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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Lun 19 Aoû - 0:38


C'est un trou de verdure Chut, ferme-la. Tu n'es qu'un déchet. Stop. Sortez de ma tête. ...val qui mousse de rayons. Arretez ! Vite Alyss, dépêches-toi, cours ! Dans ta chambre. Qui êtes-v... C'était très beau. J'ai beaucoup aimé. Hector, emmenez Alyss et Aragon dans leur chambre. STOP ! Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Merci Alyss Joue... Laisse parler ton âme. ALYSS ! STOP. Dommage, j'aurai pu faire un train, deux morts hi hi hi hi hi ! S'il vous plait... folle ! ARRETEZ ! Calme-toi. Sortez de ma tête ! Pâle dans son lit vert où la lumière pleut. DECHET Non. Sourirait un enfant malade, il fait un s... MONSTRE Non ! Nature, berce-le chaudement : il a froid. Les parfums ne font pas frissonner sa narine... Pas ce poème ! Alyss calme-toi Il dort dans le soleil... LAISSEZ MOI ! STOP ! SORTEZ !

Réveil eu sursaut.

Non pas ça. Stop. Elle étouffait. De l'air. Sa tête lui faisait mal. Trop mal.

Alyss étouffa un cri de détresse et se recroquevilla sur elle-même. Remettre ses idées en place. Comprendre ce qui venait de se passer. Savoir où est-ce qu'elle se trouvait. Et ne pas hurler. Ne pas vomir. Menacer personne. D'ailleurs, c'était le dernier souvenir qu'elle avait. Elle se trouvait dans le centre commercial. Et non dans cette pièce un peu miteuse mais calme. Pourquoi d'ailleurs les avaient-elle menacé ? Tout était flou, oscillant entre le réel et le rêve. La coordinatrice aperçu du coin de l’œil Chocolate. Elle était toujours là. Ce qui la rassurait énormément. Elle lui devait une fière chandelle à cette dernière. Alyss ferma les yeux et posa sa tête sur ses genoux, attendant que les tremblements disparaissent. Un déplacement d'air lui fit relever un peu relever la tête. Une forme ombreuse. Qui l'observait de ses grand yeux pourpre et spectre. Pandora. Elle devait être sortit il y a un moment. Enfin, elle n'en savait rien.

Calme-toi.

La voix de la spectre résonant à l'intérieur de son crâne avec une douceur infinie. La jeune fille frissonna et acquiesça légèrement avant de reposer sa tête sur ses genoux. Lentement, le malaise se dissipait comme des nuages après la tempête. Ils disparaissaient, délicatement, leur structure devenue comme paisible et aspirée vers un autre espace. Un léger sourire s’esquissa sur le visage de la blonde. Mangeur de mauvais rêves et peur. Pandora. Se nourrir des peurs et les absorber. Afin de soulager sa maîtresse. Il fallait donc se laisser faire. Et attendre.

La respiration se faisait de plus en plus contrôlée, la peur quittant peu à peu son enveloppe corporelle. Respirer librement. Entendre battre son cœur normalement. Doucement, la jeune fille se redressa et détendit ses jambes dont les muscles étaient encore crisper. Tout lui revenait doucement. Elle n'avait pas tout suivi vu qu'elle avait perdu le contrôle d'elle-même. La jeune brune était toujours là, en face. Ce n'était pas une illusion. Elle la regardait. Scrutait.

Non. Jugeait. Son regard chocolat et froid. Distant.

Juger.Porter sur quelqu'un ou quelque chose un jugement de valeur. Et on juge les hommes d'après leurs actes. Juger. Actes. Généraliser sur la personne. La catégoriser. La ranger dans une case. Et ne jamais l'en faire sortir. Folle. Elle allait la trouver folle. Et ne plus que la voir en tant qu'aliénée. Sociopathe. Folle. Violente.

Brusquement, Alyss agrippa violemment la main de Chocolate, plongeant son regard vairon et étrange dans le sien.

Alyss : Ne me juge pas !

Elle avait marmonné à mi-voix et à travers ses dents, d'une voix ferme et froide. Et aussi rapidement qu'elle avait agi, elle retira sa main pour finalement agripper ses jupons. Ses yeux s'étaient accrochés à ceux de l'ex-championne, électriques.

Barman : Avez-vous fait votre choix ?

Nerveuse, l'éleveuse se retourna vivement vers le jeune homme qui venait de les interpeller. Ah oui. Un bar. Une consommation. Ne pas relever le regard bizarre que leur adressait le dirigeant du bar. Rester calme. Neutre.

Alyss : Un chocolat chaud si'l vous plait.

Voilà. Répondre d'une voix neutre. Ni agressive. Ni amicale.

Barman : C'est entendu. C'est assez inhabituel d'avoir des jolies filles comme vous dans le coin.

Il tourna les talons et disparut derrière son comptoir. Alyss s'enfonça dans sa banquette et soupira. Le regard perdu dans le vague, elle rompit le silence qui s'installait, s'adressant à Chocolate d'une voix plus douce et calme.

Alyss : Se sentir faible. Ça t'es déjà arrivé hein ? Croire que tout va bien, ou mieux et que du jour au lendemain tout s'écroule. Voir que la réalité que tu connaissais était erronée. Savoir que tu n'es plus en phase avec la réalité. Être perdue.... et sentir son corps se décomposer de l'intérieur. Sais-tu ce que c'est hein, en tant que championne ?

Alyss marqua une pause attendant que les commandes soient déposées sur leur table et que le serveur ne s'éloigne. Elle triturait ensuite sa cueillette, les yeux rivés sur sa tasse. Tant de choses à dire. Parler. Elle devait parler. D'une part parce que Chocolate avait du vivre avec elle ce qu'elle vivait depuis maintenant quelques semaines ; et d'autres part parce qu'elle était a peu près lucide. Parler pour essayer de trouver quelqu'un avec qui il était possible de discuter. Quelqu'un d'autre que les médecins qui se penchent sur son cas. Quelqu'un d'autre qu'une enfant qui pouvait perdre son grand-père à n'importe quel moment. Quelqu'un d'autre que Will.

Alyss:Vivre à fleur de peau. Non. Si je devais décrire comment je me sens c'est... comme si le monde se décomposait et se créait à la fois. Et totalement différent. Sais-tu ce que ça fait de prendre son bain et de fermer les yeux un instant, puis les rouvrir et percevoir tes mains comme étant en sang alors que tout le monde te certifie que tes mains sont propres ? Sais-tu ce que ça fait quand tu hurles au milieu de la nuit à cause d'un rêve que tu fais encore... et encore ? Entendre des voix sans les reconnaître alors que tu sais que tu les connais bien plus que tu le penses. Être dangereuse sans le vouloir. Et à la fois être totalement impuissante malgré tout les efforts que tu fournis. Sais-tu ce que c'est ? Et avoir cette putain d'impression que tu peux te briser à n'importe quel moment et que ton esprit à la con va éclater en morceaux ? Sais-tu ce que c'est ?

Impuissante. Faible. Ridicule. Que des mots frustrants et qu'elle détestait. En temps normal, elle trouvait une solution. Mais les événements l'avaient dépassée. Au début, les problèmes étaient minimes, se manifestant gentiment de temps en temps. Puis le soucis avait empiré, tel un virus implanté qui s'était développé de manière anarchique. Tout était devenu invivable. Dangereux. Pire. Rageant. Il n'y avait rien de plus rageant que d'attendre que les désagréments s'en aillent d'eux-même. La lutte ne servait à rien. Elle avait beau essayer, rien n'y faisait. Être passif. Attendre. Elle avait horreur de ça. La cueillette s'était tordu sous la rage qui brûlait en elle.

Alyss : Sais-tu ce que c'est de ne pas se connaître réellement ?

La question était sortit en un murmure échappé. Elle lui brûlait les lèvres depuis un moment. Parler. Oui elle l'avait fait. De plus, elle était maître d'elle-même. Ce qui était vraiment rare ces derniers temps. Alors, il fallait en profiter. Et parler.
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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Ven 30 Aoû - 22:17

Les mots

Un effort considérable. Chocolate fit tout son possible pour ne pas envoyer valser Alyss d'un revers de manche lorsqu'elle saisit sa main. Son regard dur, froid, se planta sur ses yeux presque...suppliants. Son ton était en opposition avec son état mental, d'une froideur et d'une sécheresse qu'elle-même n'aurait pu adopter pour s'adresser à quelqu'un. Ne pas la juger. Si elle ne s'était pas contrôlée, elle aurait souri. Elle craignait trop un revers de situation de la part de la demoiselle pour rétorquer quoi que ce soit, alors elle la laissa se calmer sans lever le sourcil.

Elle commanda. Le barman déposa sa propre consommation, une bouteille d'eau gazeuse. Au fond de sa banquette, Chocolate sourit malgré elle. Un chocolat chaud. Voilà quelque chose qui lui rappelait des souvenirs moqueurs de certains agents rockets. Ceux qui se demandaient ce que Giovanni avait fumé lorsqu'il avait décidé de son prénom. Elle darda un regard noir sur le barman lorsqu'il les appela "jolies flles". Effectivement, dans le bouge qu'elle avait choisi on se serait plus attendu à trouver un pochtron sentant la vinasse qu'une demoiselle en jupons et une ancienne championne d'arène.

Et puis, Alyss commença à parler. De ses ressentis, de sa faiblesse, de ses propres mensonges. De voir la réalité, de sentir son âme être arrachée. Elle ne souriait pas, se contentant de l'écouter. Du jour au lendemain tout s'était écroulé pour elle, mais tout allait toujours pour le mieux. Son père la reniait son arène lui tournait le dos son petit ami la quittait, pas de problème, Chocolate rebondissait et faisait comme si de rien n'était. Mais elle avait eu certains moments noirs. C'était ce qu'avait vécu Alyss ? Elle ne voulait pas s'aventurer en terrain glissant, d'autant qu'elle semblait vraiment affectée par son vécu. Alors elle l'écouta en sirotant, elle la laissa déblatérer, déballer tout ce qu'elle avait sur le coeur. Chocolate n'était pas une gande bavarde, mais ses oreilles recevaient des confidences par dizaines.

Alyss était folle. Complètement folle. Folle à lier. Son esprit était plus torturé qu'un cobaye de la team rocket sans anti-douleurs. Elle souffrait, la pauvre. Elle souffrait tellement que cela lui serrait le coeur. Et elle ne pouvait pas l'aider autrement qu'en l'écoutant. Le corps était une machine formidable, impeccablement construit pour fonctionner jusqu'au centenaire. C'était là que l'esprit s'en mêlait. Il y avait le mental d'acier, comme le sien, avec ses phases de violence et de haine. Et puis il y avait les autres. Elle osait à peine imaginer ce qu'elle avait traversé pour avoir l'impression d'être une outre prête à se faire transpercer.

Alyss : Sais-tu ce que c'est de ne pas se connaître réellement ?

Chocolate laissa échapper la paille qu'elle avait entre les lèvres. Ah. C'était à son tour de parler. Embarrassée, ne sachant sur quel pied danser, elle croisa ses jambes en tailleur et défit sa veste. Ses bras musclés, ses épaules développées par l'entraînement apparurent avec plus de violence. Elle se redressa, fixant Alyss comme pour sonder son esprit. Elle avait été honnête avec elle... devait-elle en faire de même ?

Chocolate : Alyss... tu connais mon nom. Tu sais qui est mon père. Tout le monde le sait. J'ai été championne d'arène durant six ans. Six années de perfection, avec une seule défaite par forfait parce que j'étais en vadrouille. J'avais mon poste, un petit ami génial, je commençais à m'entendre avec mon père parce qu'il avait cessé de projeter sur moi un avenir qu'il aurait voulu pour lui-même. Et puis, j'ai commencé à sortir, à rencontrer des gens. Des gens qui m'ont faite grandir, qui m'ont aidée à me trouver. Puis du jour au lendemain. Crac.

Elle fendit sa paille avec son ongle, releva le regard sur Alyss. Un regard noir, une promesse d'agonie lente et terriblement douloureuse.

Chocolate : Devant plus de mille personnes, mon géniteur m'a retourné une gifle. Comme on punit un enfant désobéissant. J'ai perdu en arène, j'ai perdu ma fierté. Et puis j'ai perdu mon petit ami. J'ai perdu ma réputation, ma crédibilité, j'ai perdu le droit d'avoir la tête droite. Mais je n'ai jamais été aussi libre qu'à ce moment-là.

Elle mit les pieds sur son siège, en posture de grenouille, et fit craquer doucement ses phallanges en réfléchissant.

Chocolate : Ton esprit meurt, ta conscience te lâche, parce que tu retiens tout. Tu te laisses ronger de l'intérieur par quelque chose que j'ose à peine imaginer. Tu fais visage de marbre mais tu es sur un fil. Tu joues les funambules, et pourtant tu n'as que des jambes de coton. Cesse de tout renfermer, tu n'es pas une coquille infaillible, en te durcissant de tous les côtés, tu vas finir par imploser... et tomber.

Elle finit sa phrase sur un murmure. Sincère. Alyss était plus fragile qu'un nouveau né. Sa conscience fêlée de toutes parts hurlait au besoin de silence, au besoin de final. Elle ne voyait qu'une échappatoire possible pour un être aussi mal à sa place. La folie. Ou la mort. Elle devait laisser sortir, elle devait parler.

Chocolate : Quoi que tu aies fait, tu dois ouvrir tes souvenirs Alyss. Le barman tabasse des SDF, ma voisine est nymphomane, le monde est rempli de gens ordinaires qui font des choses pas bien. Tu as le droit de vivre. Et tu as le droit de penser.

Elle ne savait pas dans quoi elle s'engageait, mais Alyss était une énorme alarme. Elle hurlait la détresse dans chaque respiration qu'elle prenait. Elle aurait été folle ou parfaitement inconsciente de la laisser livrée à elle-même. Elle avait des mots durs, aussi durs que ceux dont elle aurait eu besoin passé une certaine période.

Lorsqu'elle avait dénoncé le lieu de résidence de son paternel à la police, six années plus tôt.

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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Mar 3 Sep - 18:22

Oui, elle connaissait son nom. Chocolate Sakaki Di Luce. Sakaki, la fille de Giovanni, dirigeant de la Team Rocket, malheureusement connu pour ses actions malhonnêtes. Alyss écoutait l'ancienne championne dans son récit. Connaître la perfection et l’apogée dans des domaines différents et en même temps. Et connaître la déchéance du jour au lendemain. Tout perdre en quelques instants. Et pourtant... Chocolate était là devant elle, forte et droite, un regard d'acier posé sur le monde. La liberté. C'est comme ça qu'elle voyait sa chute du piédestal. Non, Alyss n'était pas comme Chocolate. Elle n'était pas comme la femme qu'elle voyait en face d'elle. Elle était... différente. Sa ''chute'' de lui apportait de la liberté comme pour la championne. Elle lui apportait angoisse, peur, faiblesse et d'autres choses insupportables.

Son esprit mourrait. Ça se pourrait bien. C'était fort probable. Il se morcelait avec violence dans un cri d'agonie. Oui, sûrement, quelque chose devait la ronger. Ses souvenirs sans doutes. La cause de tout. Non elle n'avait pas vraiment voulu les retrouver. Certaines fois seulement. Puis, tout s'était enclenché comme une machine infernale. Et non. Elle ne voulait plus. Qu'il reste enfoui dans cette coquille qui, malgré toute la volonté, tombait en morceau.

Et pourquoi agir comme ça alors qu'on est sur de se détruire ?

La peur.

Oui elle avait peur. Il y avait bien une raison pour qu'une partie de sa mémoire ait été effacée. Certainement. A causes de choses qui devait l'avoir brisé dans le passé. Certainement. Elle avait voulu les cacher, pour ne pas souffrir. Et finalement... les voilà qui, même en étant dérobé à sa vu, la faisait souffrir en retour. Du coup une question se pose : A quoi bon ? A quoi bon continuer de continuer à vivre avec des fragments oubliés qui veulent forcer le passage ? Qu'est-ce qui était le mieux ? Avoir peur et ne pas savoir ? Avoir peur et finalement être au clair avec soi-même ? Un choix s'imposait. Sinon...

Chocolate : ...tu vas finir par imploser... et tomber.

Oui. Tomber. C'était l'impression qu'elle avait déjà. Elle tombait dans la... folie. Bouffée délirante aigue. N'était-ce qu'avait dit le médecin ? N'était-ce pas ce qu'avaient pensé les personnes dans le centre commercial ? N'était-ce pas ce qu'avait pensé Chocolate et... Will ? Oui. La folie. C'était quelque chose de douloureux cet état. Et de dangereux. Beaucoup de gens y était resté, dans la folie. Mais elle, voulait-elle vraiment y rester ?

Non. Elle voulait sortir. Sortir de cette chose si horrible. Finalement, avoir mal en ayant ses souvenirs semblait plus doux et apaisant que de vivre dans l'angoisse perpétuelle et avec des hallucinations.

Chocolate : Quoi que tu aies fait, tu dois ouvrir tes souvenirs Alyss. Le barman tabasse des SDF, ma voisine est nymphomane, le monde est rempli de gens ordinaires qui font des choses pas bien. Tu as le droit de vivre. Et tu as le droit de penser. 

Le droit de... vivre. Savez-elle ce c'était ''vivre'' ? Vivre, est-ce que c'est avancer en tremblant avec la crainte du passé ? Ou bien... Avancer librement. Penser... C'est... se tourner vers l'avenir ? Vivre. Penser.

Avoir le droit.
La Liberté.

Alyss se recroquevilla sur elle-même. Son chocolat chaud avait été a peine entamé. Pourquoi ? Trop de cas de conscience. Trop de choses qui tournent, qui brassent à l'intérieur de son crâne. Elle posa sa tête sur ses genoux et ferma les yeux.

Alyss : Alors c'était là, où tu voulais en venir ? À la liberté ? Être libre. Tout perdre mais être libre de vivre et de penser, c'était donc ça ?

Elle avait posé ses interrogations en un murmure étouffé. Elle ne s'adressait pas vraiment à Chocolate. Sa voix semblait dans le vide, comme se parlant à elle-même. Les paroles de la championne tournaient, se répétaient dans son esprit. Des paroles dures mais... vraies. Elle avait était honnête.

Et il fallait qu'elle le soit elle aussi... envers elle-même.

Il fallait qu'elle arrête de se cacher derrière... derrière quoi déjà ? Bref. Qu'elle devienne libre. Abandonner ses croyances, tout ce qu'elle avait réussi à construire. Et devenir libre. Pour ne pas tomber.

Alyss : Merci... Chocolate.

La jeune fille plongeait maintenant ses iris douces et reconnaissante dans ceux de la Sakaki. D'un certain côté, elle l'avait aidé. À mettre tout simplement les points sur les i. Et maintenant... il ne lui restait plus qu'à attendre. Attendre un nouvel assaut de ses souvenirs. Et ne plus lutter.

Alyss tapota doucement sur une des Pokeball à sa ceinture, libérant sa Feunard. À cette dernière elle lui tendit le reste de sa boisson.

Alyss : Je... ne vais pas te dérange plus que ça. Je t'ai déjà fait pas mal de soucis... Je pense rentrer. Pendant que j'ai pas de moment de crise. Tu avais sûrement des choses à faire...

Silence. Elle ne savait pas quoi dire de plus. Peut-être qu'il n'y avait pas besoin de plus de mots.

Peut-être.
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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Dim 29 Sep - 0:43

Un adieu

Tout perdre. C'était une notion étrange, la perte de quelque chose, mais oui, c'était ce qu'elle voulait dire. Parfois, il valait mieux se séparer de tout bien ayant trait à son ancienne vie pour mieux rebondir, et partir sous un nouveau jour. Elle avait souffert, de voir son existence arrachée aussi violemment par une descente de police sur le domicile familial, mais elle ne s'en était que mieux portée par la suite. Laisser derrière elle le monde confortable de l'enfance, aimée, pour entrer violemment dans celui des adultes. Elle avait oublié sa mère, oublié son argent, tout oublié pour se consacrer à la personne la plus importante de sa vie, elle-même.

C'était peut-être ça qui handicapait à ce point Alyss. Elle ne savait plus qui elle était. Elle devait faire table rase de son existence, oublier qui elle avait été, toutes celles qu'elle avait été, pour se consacrer à elle-même. C'était difficile à accepter, mais le seul allié sur lequel Chocolate pouvait réellement compter, c'était sa détermination sans fin. Sa soif de pouvoir. Sa soif de maîtrise. Sa soif de connaissance. Sa soif de découverte. Elle ne souhaitait qu'une chose à la coordinatrice, qu'elle-même trouve cette force de se relever.

Elle la remercia, et la championne se surprit à sourire. Non. L'ancienne championne. Chocolate était morte une première fois pour devenir une championne hors du commun. Elle était morte une seconde fois pour se battre à cent pour cent. Devenir maître pokémon. Devenir dresseur d'élite. Renverser tous ceux qui, un jour, lui avaient barré la route. Jusqu'à présent, elle ne s'était pas trop mal débrouillée. Elle était prête. Prête à affronter la menace grondante des Quetzacoalt. Prête à mettre le nez dans les affaires de son père. Prête à prendre en main une tranche de sa vie qu'elle cachait honteusement quelques semaines plus tôt.

La fille Sakaki fixa silencieusement le feunard de Alyss, qui sortit pour laper doucement le chocolat chaud qu'il restait dans sa tasse. Puis Alyss s'excusa, et amorça une petite pirouette pour la libérer, les libérer toutes les deux. Chocolate avait voulu faire un tour par le centre commercial tranquillement pour trouver de quoi ranger ses badges, elle s'était transformée en général de guerre de Braveheart. Elle se contenta de hocher savamment la tête, pour saluer la reconnaissance qu'avait Alyss. Au fond, elle n'avait pas fait grand chose. Elle s'était contentée de parler franchement, et d'aider son prochain. Parfois, cela avait du bon, de se sociabiliser.

L'ex-championne de Jadielle se leva donc. Elle enfila sa veste, ajusta sa ceinture de balls, et déposa sur la table de quoi payer sa consommation. Sa prochaine étape serait sans doute Rosalia. Elle ne comptait pas défier Hoshi Suisei tout de suite - trop bizarre, trop dangereuse, lui avait dit son oncle - mais faire un petit tour par les Tourb'iles. Il y avait là-bas un vieil ami d'Aldo qu'elle devait frapper d'un bon coup entre les yeux, pour ajouter un quatrième badge à sa collection. D'abord Chuck. Ensuite Hoshi. Et puis, plus tard... Tsubaki.

Chocolate : Je vais te laisser, dans ce cas. Prend soin de toi, Alyss. On se recroisera peut-être. En attendant, occupe-toi bien de ton équipe. Quand tu renonces à tout autre chose, tes pokémons sont tes alliés les plus fidèles.

Elle lui sourit une nouvelle fois, lui tourna le dos, et sortit du bar.

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MessageSujet: Re: Les rencontres transforment les maux en mots [pv Choco]   Dim 29 Sep - 0:57

Rp terminé !


Alyss : 4526 + 266 (bonus éleveur) = 4752 mots
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