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 Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)

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MessageSujet: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Dim 21 Avr - 0:10

La soirée était déjà bien avancée quand, au bout d'une allée pavée entourée d'arbres et de végétation où la vie se cachait et suivait son cours normal, se présenta une femme vêtue toute de blanc, d'une longue robe de coton aux pans volant à chacun de ses mouvements. Les cheveux attachés sur sa nuque, et délicatement maquillée, les lèvres rosies par un peu de cosmétique pour se donner un aspect plus jeune, chose que son cavalier avait appréciée... A son bras marchait un Gallame élégant et fort galant, un peu grisé par l'alcool qu'ils avaient absorbé, qui, en fait, la soutenait. Dans son sac de lin qu'elle portait au bout de lanières de cuir blanches, se trouvaient plusieurs autres pokeballs et un nécessaire de défense, plus un téléphone et son portemonnaie. A l'intérieur, un petit couteau était prêt à être attrapé au cas où. Sous la nuit, se détachait au sol son ombre qui tanguait quelque peu.
Bien que ses chaussures et leurs longs talons lui donnaient une silhouette gracieuse, cet avantage que les femmes aux grandes jambes ont même quand elles sont en chair, elle avait une démarche... Hasardeuse. Raison pour laquelle Gallame, qui n'était pas son cavalier, l'aidait à marcher...
Ses joues s'ornaient d'un rouge rosé distinctifs de la personne qui a un peu trop bu. Et, aussi, de l'amoureuse ravie.



* * * * *

Quelques temps plus tôt, en début de soirée, elle avait assisté à un bal à Doublonville à la salle qui accueillait normalement les concours de coordination, auquel elle s'était présentée seule. Le lord lui avait promis de l'y retrouver, ayant des affaires à régler avec un policier qui sévissait en ce moment dans le coin... Et, résultat des courses, en l'attendant – elle l'ignorait, contrairement à Gallame qui jugeait mieux de ne pas lui dire, que ce dernier était arrivé depuis belle lurette mais était en train d'intriguer quelque part dans la pièce – elle avait trouvé Monsieur Esti, et dansé avec. On ne refuse rien à un monsieur charmant.
Puis tout d'un coup, un duo enragé leur était tombé dessus : Tina, et le lord, qui s'étaient emparés respectivement de leur partenaire et voilà qu'une soirée magnifique s'était passée. Il avait tiré une tronche fabuleuse de boudeur pendant un bon moment, mais au bout d'un moment, à la musique, et à la danse, ils avaient oublié le monde – et dansé comme autrefois.
On avait cependant demandé sur le coup des 23 heures les deux hommes, pour une histoire de terrorisme d'un autre pays apparemment. Enfin, on avait demandé Rivu, et l'espèce de profiteur invétéré qu'était le lord avait donc suivi. Tina était si furieuse qu'elle avait traîné Myriam boire un coup, et puis deux, et puis trois, et puis quatre...
Donc, maintenant, à minuit, elle était complètement saoule et incapable de bouger. Myriam l'avait confiée à un commissariat, bien que cette démarche parût saugrenue, puisqu'elle savait très bien que Rivu la récupérerait là-bas, puis avait décidé comme une grande – parce que la tête lui tournait, parce qu'elle n'avait rien mangé depuis cinq heures et qu'elle avait faim, parce que manger pendant qu'elle était saoule la calmerait un peu – d'aller goûter à visage découvert les pâtisseries de ce magnifique salon de thé qu'elle avait pu goûter lors d'un événement d'Halloween.

Gallame avait trouvé ça idiot. Mais la faire marcher la calmerait peut-être un peu – elle était passée en mode « je suis chaud pour enchaîner toutes les arènes de Johto et de Kanto les unes à la suite des autres cette nuit » ce qui était très bête – aussi l'avait-il escortée au salon. De toute façon, elle faisait sa vie de son côté. Pas dépendante (normalement) du manipulateur de service...
Autant qu'elle s'amuse un peu d'elle-même, des fois que ça lui donne l'envie d'être indépendante, chose qui était déjà en train de se mettre en place et commençait à s'affirmer, puisqu'elle voulait maintenant se battre aussi pour elle-même.



* * * * *

Alors qu'ils s'approchaient du salon, et que Myriam gazouillait avec bonheur une comptine de la région où elle était née, une comptine que lui avait apprise sa mère, Gallame vit une femme en sortir qui le frappa immédiatement par son élégance. Portant un manteau rouge à hermine blanche, et une longue chevelure bleue tressée en natte, celle-ci fit quelques pas hors du « Petit Potin », s'arrêta un instant, puis alors que Myriam était en train de s'exclamer à voix basse qu'elle, je cite, « adore ses fringues », continua son chemin dans la direction opposée à celle de l'escrimeuse en herbe et de son maître-épeiste de pokémon. Peut-être les avait-elle vu et souhaitait les éviter, peut-être n'allait-elle tout simplement pas du même côté... Peu importe, après tout.
Myriam sursauta et montra l'enseigne du Petit Potin.

— C'est là ! Vite !

Gallame lui envoya la pensée suivante :

— C'est sûrement fermé...

— C'est pas grave ! Au pire je fouillerai dans les poubelles !

Le pokémon regarda dégoûté sa maîtresse et sa tenue si belle. Ça, c'était l'alcool. Le même alcool qui la poussa à courir – en talons – vers l'entrée, pousser l'entrée et déraper comme un personnage de cartoon et manquer de se croûter à cause des talons, puis, pénétrant dans la salle élégante et ignorant complètement l'absence de clients, s'attabla immédiatement près d'un coin en face de la porte d'entrée. Gallame, qui pestait de son impulsivité, suivit, et s'assit à côté d'elle, priant pour qu'elle ne fasse pas pire. De toute façon, en ne voyant aucun serveur venir, ou quelqu'un la rabrouer gentiment ou pas (mais il espérait gentiment, car si ça en venait aux mains, il l'assisterait elle quoi qu'il arrive) elle finirait bien par comprendre que ce n'était pas une heure pour s'offrir une pâtisse....

— Un Banana-Split s’il vous plaît !

… Hurler comme ça dans un restaurant... Non mais où étaient ses manières ? Gallame se frappa le museau de la patte et fit sortir Roserade et Momartik pour être moins seul, et se rappeler que la gent féminine peut, aussi, être vraiment élégante...
… En tout cas, aucun d'entre eux ne pouvait s'imaginer les événements qui allaient suivre.

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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Lun 22 Avr - 20:44

- Ça tu vois Madeleine, c’est une tarte aux pommes comme on en fait plus ! Hein les filles ?

Les trois pokémons de la boucletteuse répondirent tous par un cri joyeux, s’accordant tous pour dire que la pâtisserie d’Erika était la meilleure mais aussi pour éviter de se faire tirer dessus, sachant que le sujet était encore sensible. En effet, non loin du Petit Potin avait ouvert une nouvelle boutique, proposant de nombreuses pâtisseries ainsi que des repas, une sorte de restaurant à emporter en somme. Cette petite surprise avait révélé le côté affreusement compétitif de la demoiselle qui refusait qu’un autre magasin reçoive les clients de son magasin. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Erika était entrée sous couverture chez ses concurrents pour voir ce qu’il s’y passait, et quel ne fut pas le choc qu’elle reçu lorsqu’elle découvrit que les pâtisseries entreposées derrière leur vitrine provenaient toutes d’une grande surface ! C’était une cuisine infâme et industrielle servie par des mannequins avec un pois chiche en guise de cerveau. Une chose était sûre, c’était la guerre.

- Je ne comprends pas comment des gens peuvent aller manger dans un magasin pareil ! C’est insensé ! C’est comme s’ils entraient dans une porcherie pour manger la paille sur laquelle les pokémons font leurs besoins !

Oui, Erika était agacée et la pâte qu’elle pétrissait faisait les frais de sa nervosité. Frappant le mélange avec son rouleau à pâtisserie, la demoiselle était recouverte de farine et s’acharnait sur cette pauvre pâte tout en jurant contre le magasin d’en face. Les trois pokémons la regardaient faire, terrifiés par le comportement de leur dresseuse. De plus il n’y avait aucun client dans le café, le soir était tombé et évidemment, Erika pensait que tous ses clients étaient partis chez l’ennemi, d’où sa frustration. Cette même frustration, elle la canalisait en faisant des desserts, pour se prouver que ses préparations étaient meilleures, et pour passer ses nerfs sur tous les mélanges qu’elle faisait. C’était soit ça, soit elle allait tirer une balle dans le crâne des serveurs ennemis, il valait donc mieux pour elle et pour les autres que la victime du soir soit une pâte à brioche.

Soudain la porte du café s’ouvrit, faisait sursauter Cracotte qui gesticula dans tous les sens pour remplir son rôle de carillon d’entrée. Madeleine et Confiture sortirent vite de la cuisine pour accueillir le client tandis qu’Erika posa le rouleau à pâtisserie fissuré sur son plan de travail afin d’aller voir à son tour qui elle allait servir. Essuyant ses mains couvertes de farines avec son tablier, elle recoiffa une mèche de cheveux qui s’était échappée pendant qu’elle battait vigoureusement des blancs d’œufs et sortit de la cuisine, un sourire charmant aux lèvres, comme si la scène de crime de la cuisine n’était qu’un passé lointain.
Sur le pas de la porte, une grande dame, élégante et raffinée qui semblait être une habituée car elle était accueillie joyeusement par les trois pokémons de la boucletteuse. Confiant son manteau en fourrure à Madeleine, elle rejoignit Erika qui la salua chaleureusement. Cette dame se nommait Diane, elle occupait le centre pokémon de Mauville pour remplacer une infirmière Joëlle qui était partie voyager. Elle avait réaménagé le centre pour en faire une grande pharmacie où toutes sortes d’herbes médicinales étaient servies. Ses nombreux remèdes faisaient des miracles et elle était connue dans tout Johto. Autrefois coordinatrice de haute renommée, elle occupe également la place de juge lors de certains concours et est relativement connue pour ses jugements cinglants. C’était une grande personne, voilà tout.

- Bonsoir Erika, tu allais fermer ?
- Bonsoir ! Non non je préparais des desserts là, je fermerai un peu plus tard.

Si elle fermait plus tard, c’était surtout pour avoir des horaires plus grands que le magasin d’en face, mais c’était un détail.

- Bien, alors nous allons pouvoir discuter, sert-moi une pâtisserie, n’importe laquelle et une tasse de café s’il te plaît.
- Madeleine tu vas chercher ça ?

Le pokémon rose acquiesça et partit vite à la cuisine afin de prendre une des pâtisseries préparées par la gérante du café, fallait dire, elle avait l’embarras du choix ce soir-là. Elle revint avec la demandée tasse de café accompagnée d’une part de mille-feuille aux fruits dont les couleurs vives ouvrait immédiatement l’appétit. Diane remercia le pokémon et saisit sa fourchette à dessert tout en discutant avec la blondinette dont le regard ne pouvait quitter le magasin d’en face.

- Tu as peur de la concurrence ?
- Ils vendent de l’industriel.
- Oh tu sais, je suis allée manger chez eux dernièrement et c’est très bon quand même hein !

Erika foudroya du regard sa cliente qui, souriante, piqua une baie remu posée dans le gâteau, conservant son calme malgré le fait que des pulsions meurtrières s’échappaient de la tireuse d’élite.

- C’était une blague, relax, jamais j’irai manger dans un endroit pareil.
- …
- J’ai dis que je plaisantais !
- Bon d’accord.
- Je t’assure que ce magasin ne fera pas long feu, et puis tu sais, je conseille le Petit Potin à tous les gens qui passent par le centre pokémon, alors t’inquiète pas.
- Tu sais si tuer quelqu’un à coup de rouleau à pâtisserie est considéré comme un meurtre ?
- Si tu camoufles ça sous forme d’accident, non.
- Ah, bien… C’est bon ?
- Comme d’habitude, c’est exquis. Oh mais j’y pense, j’ai entendu dire que Sawako n’était pas là ce soir ?
- Non elle est partie pour Kanto, elle est allée assister à un concours de dresseurs pokémons en tant que juge.
- Ah oui, c’est vrai qu’elle était dresseuse…
- Tu l’as connue en dresseuse toi ? J’ai du mal à l’imaginer combattre, elle qui est si gentille et douce… (dixit une tireuse d’élite qui tient un café)
- Quelqu’un l’a affronté une fois et je l’ai vu partir en pleurant avec un bras cassé, alors je n’ai pas cherché l’affrontement, tu sais, moi je préfère les concours.

La jeune femme posa la fourchette dans l’assiette vide et touilla son café tout en posant sa tête dans la paume de sa main, regardant le magasin d’en face d’un air nonchalant. Erika poussa un léger soupir, même la façade était moche, il n’y avait aucun style et pourtant il y avait des clients. La plupart venait probablement pour se délecter des poitrines des serveuses ou des muscles enfarinés des serveurs. Dans quel monde vivons-nous pour gagner de l’argent grâce aux fesses des hommes et des femmes ? Un long silence s’installa dans le café, seulement ponctué par le bruit de la cuillère cognant contre la tasse en porcelaine de la cliente. Après que cette dernière soit vidée, la jeune femme se leva de son siège et observa les alentours, il était temps de partir.

- Bien, merci pour ce bon petit repas, je peux t’emprunter quelques biscuits pour mes Leveinards ?
- Oh oui bien sûr, Cracotte tu vas les chercher ? Ils sont dans le torchon à carreaux rouges, merci !
- Ah, tu as une cliente qui s’approche. Je vais te laisser donc, à demain probablement !
- Merci et oui, à demain.

Erika tendit le petit baluchon contenant les biscuits à Diane et la salua d’un geste de la main avant de retourner dans la cuisine, laissant Madeleine dans la salle des clients, prête à accueillir celle qui s’approchait. Cette dernière revenait visiblement d’une soirée car elle était vêtue d’une longue et belle robe qui lui allait parfaitement. En revanche, la démarche maladroite et les joues rouges témoignaient d’un état qui s’éloignait de la sobriété. Bah, elle tenait encore debout ça devrait aller, bien que l’alcool soit proscrit dans le monde de la boucletteuse.

Mais un violent bruit dans la cuisine surprit les trois pokémons qui s'y rendirent en courant de peur de voir leur dresseuse détruire le mobilier à coup de rouleau. En réalité c'était un plat qui était tombé et qui avait complètement détruit un des desserts préparés auparavant. La demoiselle se tint la tête entre les mains, complètement déboussolée entre sa frustration et sa soudaine maladresse. Cela ne présageait rien de bon.

La porte s'ouvrit mais Cracotte n'entendit rien car elle aidait sa dresseuse à nettoyer le sol pour éviter tout accident à l'avenir. Ainsi la cliente passa inaperçue et n'existait pas aux yeux de la demoiselle qui, pour se consoler, grignota un petit cookie qui passait par là.

- Un Banana-Split s’il vous plaît !

Erika sursauta et manqua d'avaler de travers. Le cri avait résonné dans tout le café et surprit tout le monde. Personne n'avait accueillit cette cliente, c'était au comble de l'irrespectueux et cela allait probablement favoriser le magasin ennemi. Aaaah ! Il fallait rattraper le coup ! Erika inspira profondément et souffla fort, il fallait que le service pour cette cliente soit parfait, et même plus que parfait ! Erika ordonna à Madeleine d'aller voir si la cliente avait besoin de quelque chose tandis qu'elle finissait de nettoyer le plan de travail. Tous les desserts furent rangés avant que la préparation de la commande ne commence. Ce sera LE banana split du siècle.

- Tout de suite ! cria la gérante du café afin de montrer qu'elle était présente.

Cette dernière sortit du chocolat et le plaça dans une casserole qu'elle demanda à Confiture de chauffer rapidement. Pendant ce temps elle sortit un récipient ainsi que deux bananes qu'elle éplucha avant de les couper en deux afin de placer les morceaux en croix. Sortant de son congélateur deux sorbets qu'elle avait préparé il y a quelques temps, elle sortit deux grosses boules et les posa sur les bananes. Dégainant ensuite une bombe à chantilly (faite maison également), elle dessina rapidement deux grosses pointes sur chaque sommet des boules de glaces avant d'y poser délicatement une baie ceriz. Puis, remerciant Confiture pour son travail, elle fit couler doucement le chocolat fondu sur le dessert avant de saupoudrer le tout de miettes de noisettes afin de rendre la préparation aussi bonne que belle.

Madeleine entra dans la cuisine et saisit un plateau, avant qu'Erika ne pose son oeuvre d'art dessus.

- Il y a des pokémons avec ?
- Tabu !
- Combien ?

Le pokémon montra trois doigts d'une de ses pattes.

- Grands ? Petits ?
- Tabunne !

Erika réagit au quart de tour et posa sur le plateau trois assiettes remplies de macarons faits à base de baies, de meringues et de biscuits eux aussi faits pour le plaisir des pokémons. Le plateau, aussi coloré que délicieux, partit en salle dans les bras de la petite serveuse rose. Cette dernière rejoignit la cliente et posa les desserts sur la table tout en souhaitant un bon appétit à la jeune femme et ses pokémons.

De son côté, Erika se débarrassa de son tablier et, après avoir nettoyé son plan de travail, se décida d'aller saluer la cliente afin d'en faire une adepte et de l'empêcher d'aller voir le magasin d'en face (ah et par politesse aussi). Mais lorsqu'elle posa un pied hors de la cuisine, un bruit provenant de derrière l'interrompit et la fit se retourner. Qu'est-ce que c'était ?
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Giovanni Sakaki
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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Lun 22 Avr - 23:42

Il écoutait, pas du tout attentif, le flux ininterrompu et particulièrement pénible de mots qui sortaient de la bouche de sa secrétaire. Une petite jeune, la vingtaine, des cheveux rougeoyants bouclés, des yeux émeraude et un regard atrocement coquin qui avait plus été recrutée pour ses attributs physiques que pour ses réelles capacités en tant qu'employée administrative.

Sakaki regrettait presque sa vieille mégère, au tailleur stricte, aux lèvres pincées et ridées, qui toutefois, parvenait toujours à faire les choses à temps et lui rappeler l'essentiel de ses tâches.

Ce qui n'était pas vraiment le cas de la toute jeune, qui passait plus la majorité de son temps à tout faire pour lui injecter un peu de son charme que d'effectuer à bien sa tâche. Tellement qu'une fois elle avait même oublié de lui signaler de faire le versement de l'argent blanchi stocké à des comptes protégés. Sans l'aide externe de Rivu, Vidic l'aurait certainement pisté, et là... les ennuis auraient été graves. Le plus abasourdissant, avait été le justificatif de sa secrétaire : "Rooooh, mais je peux pas penser à tout ! Je devais fixer votre rendez-vous pour le coiffeur ce jour-là, mettre à jour votre abonnement au fitness, m'ajourner un rendez-vous pour mes ongles qui commencent à devenir à la limite du visuellement acceptable, et envoyer des lettres de remerciement à certaines candidatures, faire mes heures supp' à la "bonne miche"... Oulahaha ! Comment j'aurais pu remarquer que fallait transférer ces millions 30 minutes après leur dépôt, moi ??!"

Ma foi... une pauvre gamine, orpheline, ayant dû travailler de son corps pour subvenir à ses besoins primaires alors adolescente, et qui voyait une opportunité de se voir vivre une vie richissime en compagnie d'un mafieux... Le manitou Rocket ne pouvait lui en vouloir, surtout qu'au début, il se prêtait volontiers au jeu.

Jeu qui l'avait depuis peu lassé à cause de l'incompétence de la concernée. Et, alors que la rouquine continuait à énumérer la liste des choses qui avaient été effectuées ou non à l'ordre de cette semaine, Giovanni eut un instant une fébrile pensée pour une blonde vénitienne. Durant un brève minute, son esprit se perdit dans une époque se situant il y avait quelques mois de cela. Lorsque, durant une nuit solennelle, la journaliste avait fait couler le sang de deux de ses camarades... pour lui. Il revit durant un moment la rage qui l'animait, puis les yeux totalement désemparés de la jeune femme. Il revit ses larmes. Et... surtout, il revit ses muscles bandés, son poing fermé et une volonté d'acier se refléter dans l'azur de ses yeux. Puis il la vit partir... pour ne plus jamais revenir.

Il l'avait attendue. Sur le toit de l'ancien casino Rocket, à son bureau, devant la Sylphe... Même dans les égouts où elle avait passé sa jeunesse. Mais peu importait son temps d'attente, il ne la vit jamais arriver...

"Ahem. Monsieur Sakaki, vous m'écoutez ?"

La voix de la jeunette eut pour effet de lui faire redescendre sur terre, plus ou moins. Son regard restait vague et le quadragénaire se refusa de relever le menton pour croiser les yeux verts de la demoiselle. Pour cette raison, elle réitéra son "ahem".

Allez boire une goutte Miss Sullivan si vous avez la gorge irritée."

Dit-il nonchalamment sans prêter plus d'attention que ça à la concernée. La conséquence de son attitude fut un silence un peu longuet. Se doutant qu'il allait sûrement passer la soirée avec cette gamine boudeuse s'il ne présentait pas de suite une once d'intérêt pour elle, il eut la bonté de redescendre sur terre, de recentrer son esprit sur le moment présent, à son bureau.

Et il constata que les toussotements de la jeune femme étaient liés au fait que ses yeux, bien que perdus dans l'abîme d'un passé marquant, pouvaient, éventuellement, avoir l'air de fixer son décolleté.

"Hm. Bon, avez-vous parlé du financement de la reconstruction du Petit Potin ?"¨

... Je vous rappelle que la patronne a refusé le virement. Le Petit Potin a été reconstruit entièrement avec l'aide gratuit des bénévoles et...

"Sérieusement ?"

L'ironie du ton du pokémafieux cassa la phrase de l'employée commerciale. Oui, Giovanni peinait réellement à comprendre de 1) comment de l'argent se refusait, de 2) comment pouvait-on effectuer une tâche aussi ingrate que la construction gratuitement et de 3) pourquoi Erika avait réfuté son aide...

"Oui Boss. Il arrive que des gens soient bons. Et quand ça arrive... ils font de bonnes choses."

L'intonation sérieuse et l'air philosophique de la rousse auraient pu rendre sa phrase intelligente. Auraient pu...

"Aucune importante... continuez le cahier des charges...

Soupirant, comme pour se donner contenance, elle poursuivit.... enfin, pas jusqu'au bout, puis qu’après une demi-minute de blabla usuel, Giovanni la recoupa.

"Mais cela veut dire que le Petit Potin est finalement reconstruit ?"

Ouiiiiiiiiii

L'insistance sur la voyelle "i" trahissait à peine l'irritabilité facile de la jeune femme.. mais le Boss en eut cure, puisqu'il se levait de son fauteuil, montrait un indexe à Persian autoritaire pour lui faire signe de rester à sa place, et s'en alla saisir son veston.

La Miss Sullivan cligna plusieurs fois des yeux.

"M-mais... mais nous sommes loin d'avoir fini ! Où allez-vous ??

Sans un mot, Giovanni s'habilla, s'empressa de saisir les clés d'une de ses voitures (une Audi R8 noire mat, pour la discrétion), puis, alors qu'il était à deux doigts de partir, un pied déjà dehors de la pièce, une main tenant la porte; il se justifia.

"Et bien... toute reconstruction mérite inauguration."

Sans un mot supplémentaire, il abandonna la malheureuse à sa paperasse administrative et s'enfouit dans le parking souterrain du QG de Rosalia.

~~

La route fut plutôt sereine. Peu de circulation, aucun dérangement via téléphone, appel de dernière minute ou souci inopportun qui arrivait subitement. Seul Giovanni, et les grésillements de la radio (RadioOOôKÉMON)... La chose ne fut que des plus appréciables.

Les quarante minutes de route passèrent aussi bien que l'aurait fait un massage thaïlandais, et parvinrent à miner un peu de la fatigue du Boss. Le voilà désormais à Mauville...

Bifurquant, il s'aperçut qu'un bâtiment avait été fraîchement reconstruit, mais affiché fermé. Plissant les yeux, il crut lire "La bonne miche", nom qui lui disait quelque chose (à vous aussi, c'est censé vous dire quelque chose...)... Le goût très... traditionnel du bâtiment ,et le manque de décoration florale à l'extérieur lui faisait dire que cela ne pouvait pas être un nouveau Petit Potin... Aussi, il présuma qu'il s'agissait du bâtiment en face, plus chaleureux, car encore animé par les douces lumières de l'intérieur.

Parquant son R8 plus ou moins où il le souhaitait, c'est-à-dire pas dans les lignes (qui irait lui coller un PV à bientôt 21 heures ?...), Giovanni en sortit, s'étira légèrement et ... soupira.

Ce qui lui faisait étrange, c'était qu'à proprement parlé, il n'avait pas spécialement de raison viable d'aller retrouver sa sniper attitrée. Il n'avait aucun ordre de mission spécifique à lui donner (et même s'il en avait, il éviterait de le faire dans son magasin de plus), n'avait rien à régler avec elle au niveau financier/salaire (ce qui serait très peu probable que ce fût lui qui s'en serait occupé si ce fut le cas), mais il sentait malgré tout, qu'il devait y aller.

Sûrement qu'à cause que tout ce qui l'attendait dans son QG était une secrétaire au 80C mais frisant les négatifs de QI, et que chez lui (comprenez : dans la plupart de ses villas), pas une seule âme ne vivait. En soit, aucune compagnie, personne. Et ce soir, le mafioso n'avait pas envie de réitérer ses nuits solitaires. Il devait se vider l'esprit, sinon elle le hantait...

Enfin, c'était ainsi qu'il interpréta son instinct. L'idée que, peut-être, vouloir remercier d'une certaine façon la jeune fille pour lui avoir sauvé la vie à deux reprises en allant déguster une de ses pâtisseries lui traversa vaguement l'esprit.

Mais il la chassa par un geste de déni et un soupire méprisant...

Non. Lui, il ne remerciait pas les gens. C'était son boulot à elle, de le garder vivant. Elle avait réussi, elle recevait donc son salaire. Et c'était tout. Aucune gratitude à avoir dans ce fait.

**"Ne commence pas à devenir émotionnel, bon sang."**

Sur cette pensée finale, le pokémafieux se décida à avancer jusqu'à la porte vitrée. Constatant une cliente déjà assise à une table, habillée d'une robe plutôt étudiée, et au coût peut-être conséquent (ou pas); il hésita à entrer.

Une cliente. Une personne... Cela l'agacerait de s'attirer des ennuis et de se faire reconnaître par une inconnue. Surtout qu'indéniablement, cela pourrait attirer des gros ennuis à Erika... mais ça, il s'en fichait, bien sûr.

Sur cette réflexion, sa main s'apprêta à lâcher la poignée, mais un bien sonore et presque viril "— Un Banana-Split s’il vous plaît !" le coupa dans son élan.

Ah. L'intonation vocale exagérément élevée. Maladroite. La brusquerie de la phrase. C'était un fait : cette personne était franche saoule.

Giovanni connaissait assez bien cet état (à force de voir Major Bob à l'action, bien sûr), pour savoir le reconnaître quand il se manifestait chez des tiers. Aussi, il se dit que finalement, qui irait croire une jeune femme à moitié saoule qui affirmerait à la police avoir vu Giovanni Sakaki s'envoyer un éclair au chocolat dans une pâtisserie familiale en pleine nuit ?

Grâce à l'image d'homme impersonnel sans aucune once d'humanité que les médias avaient véhiculée de lui : Personne. Ou... personne de saint d'esprit. Allez... il tenterait sa chance.

Ouvrant franchement la porte, attirant l'attention des pokémons présents, mais pas de la femme, apparemment trop concentrée à entamer une rhétorique sur la longévité de la vie des bananiers avec son dessert, ou quelque chose du genre, Giovanni entra finalement.

Son apparition ne sembla pas inquiéter ou tendre l'atmosphère, et la chaleur du café demeurait intacte, malgré sa présence. Ce qui eut comme conséquence de le faire sentir directement ... plutôt à l'aise, même s'il évitait de trop le montrer.

Passant à la hauteur de la demoiselle aux cheveux noirs semblant absorbée par son banana split, Sakaki osa un bien bref et sobre "Bonsoir" qui aurait pu avoir une certaine classe, voire un certain charme (c'était le but, sinon pourquoi diantre aurait-il dit "bonsoir" à une jeune femme ?). Mais un élément incongru le coupa dans sa salutation nocturne. Un élément incongru qui se nommait....

"BARBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIICHHHHhhhhhhhh !"

Le flash lumineux rouge le surprit totalement. Et fut totalement indépendant de sa capacité de kick...

Le poisson bleuté aux moustaches exagérément longues qu'il avait tissées et coiffées (on ne savait comment, il ne fallait pas compter sur Giovanni pour les entretenir), apparut au milieu du salon. Sauf qu'au lieu d'apparaître avec grâce, classe, beauté, dans son élément aquatique comme il s'y était attendu car son QI aussi frisait les degrés négatifs, le malheureux pokémon se retrouva surpris par le manque d'eau dans ses environs.

Aussi, alors en plein vol, il se décida non pas à s'écraser lamentablement sur le sol tout nettoyé de la propriétaire, mais d'aller à ce qui paraissait le plus proche d'un point "liquide".

*sploooosch*

Oui. Un poisson. 1 mètre. 34 kilos de muscle. Dans une coupole de Banana Split.

"BarbiiiiiichhhHHh"

Et le plus incroyable, dans tout cela, était que malgré coincé dans le récipient incassable d'Erika, l'andouille essayait quand même de faire la cours à Myriam en bandant ses muscles et en aiguisant sa moustache.

Le Petit Potin fut le spectacle du facepalm du siècle.

Les doigts crispés de colère déformant légèrement les traits de son visage, Giovanni voyait rouge, mais refusa de laisser extérioriser cette haine soudaine qui l'envahissait en croisant le regard incroyablement vide d'intelligence de son pokémon.

"... Toutes... mes excuses.... Erika, un autre Banana-Split et un éclair au chocolat... Presto."

Ah, l'habitude de la subordination de ses agents Rockets...




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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Mar 23 Avr - 12:20

A priori, rien de grave.

Myriam était absolument ravie par l'arrivée de son Banana Split, et ignorait Monsieur Sakaki, le client qui venait d'entrer, qu'elle ne connaissait pas et à qui elle ne jeta aucun regard non plus, copieusement. Il faut dire que le dessert lui semblait si bon que son attention fut complètement obnubilée par le-dit récipient et son dessert, dont elle porta une cuillérée à sa bouche.
Il lui sembla qu'on venait de lui dire « Bonsoir » - ce qu'elle ignora totalement, et voire même se défia, car il s'agissait d'un homme, et c'était quand elle était saoule que Myriam devenait la plus méfiante – on ne sait jamais, des fois que le lord arrive, croit qu'elle était en train de se laisser séduire, et par crise de jalousie tire une balle dans la tête du mec. Il faut aussi ajouter que bien évidemment ce genre d'évènement ne se produisait que dans l'imaginaire de Myriam, et non pas en réalité.
Par contre, Gallame ne réagit pas comme elle. Déjà, il n'était pas saoul – ensuite lui, avait aidé le lord à faire ses recherches. Forcément – on ne se prive pas de l'apport des pokémons psy, de loin les plus intelligents en moyenne par rapport à la plupart des autres types. Et, ce visage ne lui était absolument pas inconnu. Il retrouva très vite ce dont il s'agissait, soit, le chef de la Team Rocket, soit, un homme dont il convenait que le lord ne le voie jamais. Et partagea cette pensée avec Roserade et Stalgamin (et non pas Momartik, je me suis gourée lors du dernier post), qui, exactement comme lui, frémirent de tous leurs membres.

— Il faut qu'on parte fissa, ordonna Gallame mentalement en se levant de table et en agrippant le porte-monnaie de Myriam, prêt à sortir l'argent et à se casser.

Mais à ce moment crucial résonna un splendide :

"BARBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIICHHHHhhhhhhhh !"

Et, comme de par magie, un Barbicha vint s'écraser dans la coupelle de Banana Split, vraisemblablement envoyé par l'homme avec son costard. La glace et les morceaux de banana s'éparpillèrent sous le choc et atterrirent tous dans les gueules des pokémons de Myriam et rien sur elle, ce qui fit qu'elle ne pouvait rien récupérer, et quand elle ne s'offusquerait certainement pas et ne les gronderait pas non plus... Le propriétaire du poisson, lui, allait entendre parler du pays.

Myriam se redressa en un bond et pointa un index accusateur sur Giovanni, les yeux brûlant de colère et la frange dégoulinante de glace (puisqu'évidemment, elle ne pouvait voir sur sa tête) :

— Vous ! Vous êtes le plus grand criminel que la terre ait jamais porté ! Gâcher un si beau Banana Split... !

Et, même s'il venait d'en commander un autre, ça n'empêcherait absolument pas la jeune femme d'être furieuse. D'autant plus que quand elle était saoule, elle n'était pas comme les autres neuneus qu'il avait pu rencontrer éventuellement et qui lui fondaient dans les bras dès qu'elles avaient bu une bière au simple motif qu'on leur avait dit bonjour d'un air un peu charmeur. Non mais qui il se prenait, lui... ?!
Elle le dévisagea furieusement et se mit à grogner :

— Et en plus, il vous manque au moins dix centimètres de cheveux et de poils pour que je vous pardonne, et qu'éventuellement, je puisse vous trouver mignon !

Gallame exécuta lui aussi un beau facepalm et leva les yeux au plafond, désespéré. Puis, se levant, il se téléporta près de Myriam et l'attrapa dans ses pattes, prêt à se téléporter avec. Mais elle le repoussa séchement et grogna :

— Toi, ne te mêle pas de ça... ! Laisse-moi engueuler ce monsieur crâne d'oeuf – il m'a cassé mon dessert, diantre !

Sur ce, elle le fit rentrer dans sa ball, et se retourna à nouveau vers Monsieur Sakaki, qu'elle regarda d'un nouvel œil – toujours pas intéressé – mais néanmoins moins agressif. Et elle se mit à réfléchir à haute voix comme si de rien n'était, comme si personne n'existait, même pas Roserade et Stalgamin, qui commençaient à sérieusement réfléchir à l'idée d'endormir Monsieur Sakaki et d'appeler le lord, qui serait, à n'en pas douter, absolument ravi de pouvoir capturer lui-même un magnat du crime. Puisque, comme je l'ai dit, les deux pokémons savaient qui il était, à la différence de Myriam.

— … Remarque, Monsieur Rétribution non plus n'avait pas de cheveux, mais il était classe... Voilà, vous, vous êtes pas classe ! Si vous voulez pas que je vous botte les fesses, vous allez m'offrir un cocktail sans alcool parce que là j'en peux plus d'avoir le ventre en folie, et...

… Et elle s'interrompit subitement, l'information qu'il venait de lui donner venant seulement d'arriver au cerveau. Elle reprit... Mais d'une voix infiniment plus douce, et le regard beaucoup plus clair, comme si soudainement elle venait de perdre deux litres d'alcool dans le sang :

— Vous avez dit... Erika ?

Roserade s'interrompit en pleine attaque Poudre-dodo, prise elle aussi par les souvenirs, et jeta un œil à Myriam, qui venait de blanchir entièrement. Elle vacillait sur place, reculant contre sa table où trônait encore le barbicha sur sa coupe, et la bouscula en faisant tomber le pokémon par terre. Stalgamin, qui connaissait évidemment un peu plus la vie de sa maîtresse maintenant, mais n'avait pas expérimenté les mêmes choses qu'eux, n'avait pas fait le lien. Quoiqu'elles aient été à deux milles lieux d'imaginer que ce soit la même personne.

Myriam tomba à la renverse avec la table, et alors que Roserade se précipitait pour l'aider à se relever, que des larmes de douleur apparaissaient au coin de ses yeux, mais qu'avec l'alcool, elle ne ressentait pas, elle continua à penser à voix haute :

— J'ai connu une Erika... mais elle est morte, maintenant. Nous l'avons cherchée partout... Si elle était encore vivante, on l'aurait su. C'était une fillette tellement mignonne, tellement innocente... La pauvre...

Myriam éclata en sanglots sonores, prostrée. La culpabilité lui enserrait tellement le cœur – elle revoyait cette scène, les pokémons que monsieur le contrebandier leur avait prêté pour s'enfuir les abandonnant au pire moment, les gardes frontières, les gens qui voulaient leur peau, les coups de feu. Tout le sang qui avait coulé cette nuit-là, toute la peine. Elle avait été seule de son côté, à tenter tant bien que mal de diriger les troupes pour garder en vie tout le monde, et les garçons s'étaient battus de leurs côtés pour s'enfuir.
Maintenant, l'un d'entre eux était en voyage autour du monde pour tenter de retrouver cette Erika... Et l'autre dans une croisade contre les criminels. Roserade lui envoya un parfum apaisant, mais cela fila un coup de boost à Myriam à la place, qui cessa de chialer, se reprit, bondit sur ses pieds et se confondit en excuses.

— Désolée, désolée, je m'en veux, pardon, pardon, sorry, so, so sorry, je vous ai parlé n'importe comment, je n'aurais pas du boire autant, désolée, que puis-je faire pour me rattraper ? Je paierai ma consommation, ne vous en faites pas, désolée, désoléée !!!!




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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Mer 10 Juil - 12:09

La porte du fond de la cuisine s'ouvrit alors et laissa entrer une petite créature rose à motifs en fleurs, lévitant paisiblement dans les airs. Erika poussa un léger soupir de soulagement et rejoignit le petit pokémon probablement en manque de câlins. La demoiselle referma la porte et saisit la petite boule rose dans ses bras. Elle l'avait appelée Génoise, pourquoi ? Elle l'ignorait, ce nom était une proposition d'OVNI et tout le monde sait qu'Erika aimait toutes les propositions que pouvait lui faire le jeune homme (c'était déjà un miracle qu'il parle, si en plus il fallait lui dire que ses choix étaient mauvais...). Quoiqu'il en soit, Génoise était un pokémon adorable et Erika était contente de l'élever, son équipe était exclusivement féminine encore une fois, mais ce n'était pas gênant, les filles sont toujours les plus douées en matière d'assassinat discret, les veuves noires vous connaissez ?

- BARBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIICHHHHhhhhhhhh !

… C'était quoi ça ? La patronne du Petit Potin posa délicatement Génoise sur son plan de travail et se tourna en direction de la salle des clients. S'en suivit un bruit de verre cassé et un cri de désespoir qui fit sursauter la jeune blondinette. Celle-ci poussa un soupir et saisit un balai et une pelle avant d'entrer dans la salle des clients, remontée de savoir qu'un banana-split parfait venait d'être complètement ruiné. À peine avait-elle posé le pied dans la pièce que le sang d'Erika ne fit qu'un tour. Devant la table de la cliente qu'elle venait d'accueillir se dressait un homme à la carrure impressionnante, tout de noir vêtu et au crâne gardant des séquelles d'une calvitie précoce. Elle le reconnut immédiatement et n'aimait pas trop voir son Boss dans son café, à chaque fois qu'il y allait il frôlait la mort, et nettoyer le sang sur le sol n'était pas une mince affaire d'autant plus que les traces sont persistantes et une fois séché la couleur du sang vire au marron noirâtre ce qui est affreusement laid.

- ... Toutes... mes excuses.... Erika, un autre Banana-Split et un éclair au chocolat... Presto.

Un sourcil se leva sur le visage de la Boucletteuse, pour qui il se prenait, ici c'était elle la patronne et pas lui, comment pouvait-il se donner un air pareil alors qu'il n'était même plus dans son camp ? Ici c'était le Petit Potin d'Erika, pas le Petit Potin du patron d'Erika. Ainsi, la demoiselle posa son balai et inspira profondément avant de se préparer à aller sermonner son Boss, cependant elle aperçut que du banana-split venait de couler sur le sol du Café, l'empêchant d'aller gronder son patron… C'est vrai quoi ! La glace lorsqu'elle est fondue est acide pour le parquet et laisse des traces sombres et auréolées qui sont vraiment immonde, comment la boucletteuse pouvait-elle laisser un truc pareil couler sur le sol tout en sachant que ça allait ruiner son café ? Surtout qu'avec le restaurant de playboy d'en face, il fallait que tout, TOUT soit parfait, sinon sa vie s'arrêterai à cause de ce maudit banana-split. La demoiselle retourna alors dans la cuisine et chercha la serpillère afin d'éponger le sol de son café, remontée de voir que son patron était là, qu'il allait tout salir à cause de son sang baladeur, ce qui ruinera la popularité du Petit Potin, ce qui rendra le café d'en face encore plus prestigieux qu'il ne l'est maintenant, ce qui fera passer le superficiel avant le parfait, ce qui poussera Erika à tuer tout le monde à coup de banana-split.

- … Ah, la voilà.

Il peut se passer beaucoup de choses dans l'esprit d'une jeune tireuse d'élite patronne d'un café. Combiner assassina et crêpe au sucre n'était vraiment pas une mince affaire, parfois elle avait droit à certain craquage mentaux ce qui lui permettait de souffler un peu. Génoise se posa sur la tête de sa dresseuse, cette dernière entrant à nouveau dans la salle des clients. Elle n'adressa absolument aucun regard à sa cliente qui se tenait debout face à Giovanni et épongea le sol du banana-split nocif, s'assurant après coup qu'il n'y avait aucune tâche. Puis la blondinette se releva, confia sa serpillère à Madeleine et attrapa son patron par la manche pour l'éloigner de sa cliente.

- Boss vous n'avez rien à faire ici ! Vous n'avez aucune raison de me donner un ordre dans cet endroit qui est MON café où je cuisine MES desserts pour MES clients. Alors vous et votre sang qui gicle dans tous les sens je vous demande de sortir d'ici tout de suite sinon je vais m'énerver ! … Et puis qu'est-ce que fait ce Barbicha à se frotter contre votre jambe ?

En effet sur le sol se tenait probablement le responsable de l'explosion du banana-split. Ce dernier, couvert de glace et de banane écrasée se frottait contre la jambe de Giovanni, montrant ses muscles et l'ardeur de ses moustaches… Et il mettait de la glace partout par terre lui aussi. Erika inspira profondément et demanda la serpillère à Madeleine avant de la mettre dans les mains de son patron. C'était le monde à l'envers, mais après tout ici c'était elle la patronne et elle n'était pas dans ses meilleurs jours (en gros elle voulait tuer tout le monde).

- Vous nettoyez vos cochonneries tout de suite et après je vous demande de partir avant que quelqu'un ne vous tire dessus !

S'inquiétait-elle pour son patron ou pour les murs de son café ? C'était une bonne question à laquelle elle même était incapable de répondre. Ainsi Erika laissa son patron en compagnie de son ami Barbicha et rejoignit sa cliente. Elle saisit alors la coupelle à moitié brisée contenant l'ancien banana-split tout en s'excusant auprès de sa cliente pour la gêne occasionnée.

- En ce moment ce n'est pas la forme tous les jours vous comprenez ? Je suis un petit peu sur les nerfs, je ne suis pas comme ça d'habitude… Je vais vous refaire un banana-split si vous voulez, il sera gratuit évidemment… Mademoiselle vous all-

Un nouveau bruit de verre brisé se fit entendre dans toute l'enceinte du café. La coupelle venait de s'exploser contre le sol, éparpillant des débris de verre partout dans la salle des clients (allez Gio, au boulot !). Erika s'était arrêtée de parler, n'arrivait plus à respirer face à l'image qu'elle voyait. Son cœur battait si fort qu'elle l'entendait résonner dans tout son corps. Sa poitrine lui faisait mal, elle avait le souffle coupé et était prête à s'évanouir. Ses yeux lui jouaient des tours, ou bien Génoise l'avait endormie au moment où elle s'était posée sur sa tête. Non, la douleur qu'elle ressentait était bel et bien réelle, et ce qu'elle voyait aussi. Ce visage de porcelaine, ces cheveux noirs comme de l'encre, ces habits repassés au millimètre près et parfaitement portés, cette posture droite et discrète, ces yeux réconfortant, ces mains fines et immaculées… Le portrait correspondait complètement, ça ne pouvait être qu'elle, il n'y avait aucune autre alternative. Les yeux d'Erika se tournèrent alors vers les pokémons de sa cliente, elle revoyait Kirlia et Rozbouton avec qui elle jouait toute petite... C'était impossible.

- …M… Mimi ?

Un long silence s'installa dans le café, les quatre pokémons d'Erika la rejoignirent et l'entourèrent, voyant parfaitement qu'elle n'était plus du tout la même. Aucun d'eux, même pas Madeleine ne connaissait le passé de leur dresseuse, cette dernière tenant à tout prix à l'oublier car trop souvent tâché de sang. Elle ne pouvait y croire, Myriam était morte, elle et Godfrey et Edouard ! Tous les trois avaient été tués lors de l'embuscade à la sortie de la ville, elle était la seule à être parvenue à s'enfuir… Une incroyable quantité d'images refaisaient surface dans la tête de la jeune patronne, tous ses souvenirs lui martelaient la tête et l'assourdissaient. Non, elle se trompait, ce n'était pas possible, Myriam était morte un point c'est tout, ses souvenirs profitaient de son moment de faiblesse pour ressurgir, rien de plus.

- Je vais vous chercher un autre Banana-split, Madeleine, Cracotte, nettoyez le verre s'il vous plaît.
- Tabu...
- Je vais bien ne t'inquiète pas.

Tout en retournant en direction de la cuisine, la boucletteuse espérait du plus profond de son être qu'une main attrape la sienne pour lui dire qu'elle était la véritable Myriam. Mais elle savait pertinemment que c'était impossible, les morts ne reviennent pas à la vie.

[HRP: Mille excuses pour le retard, je recommencerai plus ! o3o]
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Giovanni Sakaki
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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Dim 28 Juil - 3:10

Des fois, il avait cette impression. Celle que... peu importait la nature de ses intentions, il arrivait toujours à un moment donné, où le rôle de l'élément indésirable, du perturbateur, lui collait à la peau telle un Grotadmorv tentant de s'accoupler avec un rocher.

Devant lui, Barbicha se dandinait avec délectation, nettoyant le sol à sa façon, fier d'avoir pu tremper dans de la crème et montrer ses muscles à une malheureuse.
Malheureuse qui lui fit voir de toutes les couleurs...

Malgré les allures de femme coquette, bien éduquée, calme, tranquille qu'elle pouvait donner avec son accoutrement et sa mine innocente, un véritable Léviathor sommeillait en elle.
Il ne fallut pas deux minutes à Giovanni pour que son image du plus dangereux et éminent parrain de la Pokémafia devînt une vulgaire blague...

— Vous ! Vous êtes le plus grand criminel que la terre ait jamais porté ! Gâcher un si beau Banana Split... !

"Mademoiselle j-"

Un doigt accusateur pointé en sa direction, la noiraude vit son visage devenir d'un rouge effrayant.

— Et en plus, il vous manque au moins dix centimètres de cheveux et de poils pour que je vous pardonne, et qu'éventuellement, je puisse vous trouver mignon !

"Je vous prierai de rester po-"

Mais un "Laisse-moi engueuler ce monsieur crâne d'oeuf – il m'a cassé mon dessert, diantre !
"
lui étant manifestement destiné lui coupa sec dans sa phrase, alors que la jeune femme se disputait avec son pokémon qui paraissait vouloir calmer le jeu. Essai qui se solda par un échec, la maîtresse décidée à s'engueuler jusqu'au bout, le ramena dans sa Pokéball, avant de se perdre dans une réflexion qui échappait totalement au mafioso.

— … Remarque, Monsieur Rétribution non plus n'avait pas de cheveux, mais il était classe... Voilà, vous, vous êtes pas classe ! Si vous voulez pas que je vous botte les fesses, vous allez m'offrir un cocktail sans alcool parce que là j'en peux plus d'avoir le ventre en folie, et...

Et là...

On put sentir clairement, tandis que Giovanni serrait la mâchoire, réfléchissant à un mot pour calmer les nerfs en vrille de la jeune femme, l'ambiance changer d'atmosphère.

Alors qu'elle était tout simplement à cran par l'alcool présent dans le sang de Myriam, elle prit une note plus tragique. En voyant l'expression faciale de son interlocutrice, Sakaki crut même qu'elle allait émettre un sanglot d'un moment à l'autre.

Il sentit que sa place n'était désormais plus du tout dans le Petit Potin, et qu'il ferait bien de s'en aller, les aléas sentimentaux d'une ivrogne n'étant pas ses affaires.

Mais au moment où il tournait les talons, Myriam déclara avoir connu une Erika, sur une intonation digne de celle qui commentait les pires tragédies, et qui se solda par un profond cri de tristesse, écoulé de chaudes larmes.

Cela eut comme effet de piquer la curiosité du patron de la mafia de Kanto et Johto... durant un instant seulement.

Une petite fille, mignonne, nommée Erika... décédée... Giovanni fronçait les sourcils, avant de hausser vaguement les épaules, pour signifier son indifférence au récit de Myriam. Heureusement, elle ne vit pas ce geste, car elle était déjà en train d'implorer à genoux son pardon...

— Désolée, désolée, je m'en veux, pardon, pardon, sorry, so, so sorry, je vous ai parlé n'importe comment, je n'aurais pas du boire autant, désolée, que puis-je faire pour me rattraper ? Je paierai ma consommation, ne vous en faites pas, désolée, désoléée !!!!

La dévisageant de grandes pupilles fines, Sakaki se dit que l'adage était vrai... les femmes et l'alcool ne faisaient vraiment, vraiment pas bon ménage...

Il lui fallait désormais laisser tranquille cette malheureuse en proie à son cerveau déraillant. Et vu qu'il ne retenait pas trop de rancoeur par rapport aux propos tenus à son sujet deux minutes auparavant, il concèderait même à lui laisser Barbicha... Mais à nouveau, alors prêt à s'en aller, les talons tournés vers la porte, quelque chose l'empêcha de fuir.

Ce quelque chose se rapporta à l'intervention de la patronne du café.

Tellement rapide et efficace, qu'il n’avait même pas remarqué qu'elle épongeait le sol et nettoyait la casse depuis tout à l'heure, Myriam camouflant sa présence par la diversion totale qu'elle faisait avec ses quelques milliers d'excuses débitées à la seconde.
Ce ne fut que quand Erika lui tira la manche pour le mener à part qu'il se rendit réellement compte qu'elle était là.

Et alors qu'il s'était attendu à... non, pas un câlin, ou à un regard émouvant, après tout, la dernière fois qu'ils s'étaient vus s'était, ils s'étaient plus ou moins sauvés la vie mutuellement, mais au moins à un mot de bienvenue, ou une expression feintée de joie, il se reçut une magistrale claque métaphysique.

- Boss vous n'avez rien à faire ici ! Vous n'avez aucune raison de me donner un ordre dans cet endroit qui est MON café où je cuisine MES desserts pour MES clients. Alors vous et votre sang qui gicle dans tous les sens je vous demande de sortir d'ici tout de suite sinon je vais m'énerver ! … Et puis qu'est-ce que fait ce Barbicha à se frotter contre votre jambe ?

"Merci Erika, mais je prévois de garder mon sang à sa place pour ce soir au moins et rien ne se frotte à ma j-"

"Barbicha :3

Un vague regard destiné au sol croisa celui ébahi et ébêté du pokémon à moustache, maculant de blanc le pantalon noir et classe du mafioso, payé cher. Très cher. C'était décidé. Musclor ou pas, Barbicha finirait au four. Avec de l’échalote. Et du citron.

Mais cette sympathique pensée fut coupée par un objet qui atterrit dans les mains du quadragénaire.
Une... Serpillère ?

- Vous nettoyez vos cochonneries tout de suite et après je vous demande de partir avant que quelqu'un ne vous tire dessus !

Giovanni voulut répliquer, mais Erika lui avait déjà tourné le dos, se concentrant sur sa cliente. Et, très étrangement, Sakaki se baissa, pestant tout de même, reprenant quelques insultes originales de son frère destinées à l'Armstrong version écailles, puis épongea la glace tapissant le sol, non pas avec une certaine application. Pourquoi obéissait-il ? Le fait que la demande émanait de sa meilleur tireuse d'élite, capable d'abattre n'importe quelle âme à une distance de plusieurs kilomètres, et qui était en charge de sa sécurité personne n'avait rien à voir là-dedans. Non... c'était plutôt le sens de l'honneur de l'ancien champion. Car oui, il en avait bien un... Erika lui avait quand même apporté beaucoup, dans le sens que sans elle... il doutait qu'il respirerait encore à l'heure actuelle. Et malgré tous les défauts qu'on pouvait aisément lui imputer, Giovanni savait se montrer reconnaissant... Aussi, étant donné la situation, il jugeait que ce n'était pas le moment de monter sur ses Galopa, et de contester les ordres de sa sniper.
Il épongerait les conneries de son Barbicha, le ramènerait dans sa pokéball, partirait, se poserait dans un coin, assommerait contre un arbre le Barbicha, le viderait, l'écaillerait, et le cuirait au four pendant une trentaine de min-

*BAM*

Un bruit de verre cassé interrompit la rêverie de l'ex-Gym Leader. Ce dernier se releva immédiatement, et constata la raideur d'Erika... Un instant de silence passa... Avant que les choses reprirent leur cours normal, Erika ordonnant la création d'un autre banana-split, reprenant son sens commercial et chaleureux inné. Néanmoins, quelque chose sonnait différent, étrange... Comme si.... Comme si les événements ne se passaient pas de façon si ordinaires qu'ils devaient le faire.

Mais, dans son coin, Sakaki jugea préférable de terminer d'éponger son ramassis de crème et de partir, avant de se retrouver dans pire situation. Rien qu'en faisant deux pas dans le Petit Potin, il avait rendu furieuse une agent réputée pour sa grande maîtrise et son sang-froid à toute épreuve. Il lui serait préférable d'entamer une discussion avec Erika plus tard, dans un contexte de travail afin d'éviter tout embarras. C'est ce qu'il ferait, la prochaine fois......

"BarbichaaAAAAAA"

"Oh silence"

Un halo rouge vint avaler le pokémon aquatique au même moment où son maître pester. Après quoi, il se contenta de ramasser les bouts de verre éclatés avec une ramassoire proche de lui, posée là sûrement dans la foulée, et rangea le tout dans un coin du bar. Puis, il partit, à pas feutré, doux, totalement en-dehors de la conversation que pourrait engager la cliente et la patronne.

Cependant, ce que Sakaki ignorait, était que le beuglement soudain de son pokémon n'avait rien de ses habituelles beuglées histoire de se rendre intéressant. Il avait l'air bête, et inutile, mais Barbicha était apte à flairer un danger approchant, son sixième sens fortement développé. Et il prévenait son nouveau maître... du danger éminent qui arriverait, bientôt....

Mais cette possibilité ne vint même pas effleurer la tête du Boss, qui ouvrit la porte du Petit Potin, et s'engouffra à l'extérieur, prenant en mains ses clés. Il s'arrêta un instant, soupira, et porta un regard sur le ciel. La nuit était belle, les étoiles scintillaient de milles feux, et l'air était doux, agréable. Une belle soirée en somme...

Au loin, résonna le hurlement d'un Démolosse... Et durant un instant, les feuilles des arbres tombèrent, tourbillonnant devant Giovanni, qui sentait peu à peu une boule au creux de son estomac se former. Non, il n'avait pas peur. Il pressentait juste que bientôt, son adrénaline allait être créée. Que ses muscles seraient contractés, et ses yeux concentrés sur le moindre mouvement... quelque chose était... étrange. Contrairement à la dernière fois, dans sa villa à Irisia, il sentait le danger arriver.

Aussi, avec une précipitation totalement irrationnelle, il courut à sa voiture, la déverrouillant, et s'asseyant de suite au volant. Mais au moment où il voulut l'enclencher, elle rouspéta. Il retenta un essai. Même résultat. La batterie. Elle était morte. Pourtant... il n'avait pas laissé les feux allumés...

Soupirant une seconde fois, le quadragénaire quitta son Audi, et se redirigea vers le Petit Potin. Là-bas, il resterait un petit moment... avant qu'Erika ne lui prêtât une recharge, ou au cas contraire, lui laisserait au moins téléphoner pour qu'un de ces sbires vînt le récupérer.

Mais au moment où Giovanni remit les pieds dans le restaurant, la surprise le saisit à la gorge...


_________________


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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Mar 30 Juil - 20:36

Dans un autre temps, une autre époque, un homme décharné, maigre et aux allures de cowboy avec un grand chapeau avait conversé avec Myriam, sur un fond de soleil couchant à la senteur de sang. Il lui avait dit... Qu'il était ce que cette région avait de plus proche de Maître Pokémon. D'autres choses. Et celui qu'il était une sorte de divinité...
A l'époque, elle l'avait... Cru, on va dire. Puis avait perdu les pédales, et ignorait si elle avait rêvé, ou si ça avait été réel. Néanmoins, depuis, elle jurait par Rétribution. Et ça l'avait aussi aidée à s'affirmer un peu. Cependant, c'était désormais une utopie. Une plaisanterie. Parler de Rétribution en tant que divinité, n'était guère plus sensé que de parler sérieusement du Père Noël. Et puis, elle le considérait maintenant comme son rival.

Le rapport avec la situation ? En voyant la femme arriver dans le Petit Potin... Qu'elle voyait enfin en chair et en os... Derrière Giovanni... Le sang de Myriam ne fit qu'un tour, et ses pokémons derrière elle s'anéantirent sur place. Son cœur loupa des battements, et son esprit se retira dans un coin lointain de son cœur pour revivre un laps de temps de 24h épouvantable d'un autre temps, lui aussi.
Tout cela parce que... Même si elle ne l'avait pas reconnue directement...

« ... Toutes... mes excuses.... Erika. »

Ce ne fut là que tout ce que Myriam entendit – et c'était parfaitement assez. Elle ouvrit la bouche, se mit à bégayer, frémissant de tous ses membres. Elle se tut enfin, quand Erika sortit de nouveau, croyant être en train de rêver, et observa la situation. La jeune tireuse d'élite, ce qu'ignorait la maid, vint de nouveau avec une balayette et une serpilière cette fois et tira à elle le monsieur qu'elle semblait apparemment connaître. Une petite dispute sembla éclater,à voix basse durant laquelle elle tournait le dos à Myriam... L'occasion lui permit de s'asseoir et d'essayer de reprendre son souffle, d'oxygéner son cerveau, de lui permettre de fonctionner à nouveau.

Puis, au bout de ce qui lui sembla être une éternité de rêve, Erika se tourna et prit les débris de la coupelle, et lui adressa la parole... Pour s'interrompre, avec exactement la même réaction que celle de Myriam. Cette finesse de visage, ces grands yeux et ces boucles d'or... Ces mains...

« - En ce moment ce n'est pas la forme tous les jours vous comprenez ? Je suis un petit peu sur les nerfs, je ne suis pas comme ça d'habitude… Je vais vous refaire un banana-split si vous voulez, il sera gratuit évidemment… Mademoiselle vous all- »

Elle allait sûrement dire : « Bien ? » mais, comme Myriam, l'incompréhension venait, à ce qu'il semblait, de la prendre. Cela ne pouvait être vrai. Tout simplement. Si elle n'avait pas été aussi choquée, la brune aurait ri. … Mais la surprise avait autant d'effet sur elle qu'un venin de paralysie. Après de longs, très long instants, celle qui aurait du être morte, celle qui ne pouvait être autre chose qu'un fantôme, celle qui avait grandi et s'était transformée en splendide jeune femme finit par tourner le dos à Myriam, après l'avoir appelée par son surnom. Un peu comme l'avait fait le criminel pour avoir gâché un banana split un peu plus tôt, laissé dans l'indifférence totale.

« … C'est pas possible... »

Les mots, murmurés, là, tout bas, se traduisirent en un tapotage de touches sur un clavier. Avalant sa salive avec difficulté, la femme brune à la tenue de servante crut que son cœur l'avait abandonné. Il lui fallait téléphoner au lord...C'est ce qu'elle fit, avant de raccrocher dès qu'elle entendit un « Oui ? » familier à l'autre bout des ondes. Qu'est-ce qu'elle allait lui dire ? « Salut, Erika est toujours en vie ? » Et quoi ? Il viendrait là ? Il serait furieux ? Qu'Edward ait eu raison, qu'Edward soit parti chercher ce qu'il croyait jusqu'ici être un fantôme ? Quelle... Plaisanterie.
Et puis de toute façon...
La main de Myriam lâcha à son tour le téléphone, qui alla rejoindre le reste des coupelles. Celui-ci s'écrasa et l'écran se fendit, la batterie partant se répandre partout. Puis, elle leva les bras au ciel et rugit, d'une telle voix et d'une telle puissance que Doublonville toute entière devait l'entendre :

« RETRIBUTION ! T'ES VRAIMENT UN BEAU PENDARD ! »

Le « beau » était, bien évidemment, subjectif. Cependant, mettant maintenant les poings sur les hanches, Myriam se mit à tourner en rond, en continuant à fixer le plafond furieuse, comme si une quelconque divinité pouvait l'entendre. Et à invectiver ce dieu fictif, ce qui ne devait pas manquer de surprendre Erika. Néanmoins, les protestations qu'elle adressait à cette personne imaginaire étaient elles bien réelles. Agitant maintenant les mains et les bras comme si elle expliquait quelque chose à une personne particulièrement idiote avec force agacement, elle criait :

« Je sais, je sais que ma quête met du temps, que je suis pas prête d'être assez forte pour pouvoir rivaliser avec toi... ! Mais c'est pas une raison pour me narguer avec des fantômes ! »

Elle respira avec difficulté, et se remit à hurler :

« Mais tu es vraiment le dernier des saligauds ! Vil félon ! Diantre ! Ça ne se fait pas, ça ! »

Elle s'interrompit tout d'un coup, et se tourna vers Erika, une idée lui traversant soudain l'esprit. Si Rétribution était vraiment un dieu, comme il le prétendait, peut-être qu'il n'allait pas se limiter à lui montrer des illusions... Elle n'avait pourtant rien fait pour mériter son affection, mais, est-ce que...

« … Erika ? Tu es vivante ? »

Stupéfaite, elle se mit à bégayer. Anorith et Gallame, médusés, se levèrent et s'avancèrent vers Erika, leurs cœurs battant à cent mille à l'heure. Mais Myriam les devança. Elle bondit soudainement et parcourut plusieurs mètres pour rejoindre la jeune fille, puis mit les mains sur son cœur, et renifla pathétiquement...

« … C'est lui qui t'a ramenée ? Ou.... » Gallame, à force de lui envoyer ses émotions réconfortantes par pensée, finit par lui faire envisager une autre option. Beaucoup plus paisible. Beaucoup plus faisable. Et... « … Tu as... Survécu ? »

Puis elle n'attendit même pas la réponse. Ses bras se lancèrent d'eux-mêmes autour du cou de la blonde, qu'elle serra bientôt contre elle, ou en tout cas elle en avait l'intention. Fondue en larmes, incapable de s'arrêter, Myriam fut en larmes en deux secondes, et les deux pokémons avec elle firent bientôt de même, n'évitant même pas le verre sur lequel Roserade se coupa une feuille.
La femme qu'elle enlaçait avait changé. Elle gémit, cependant, incapable de ne pas la reconnaître là-dedans:

"Tu... Tu m'as tellement manqué! Je croyais que tu étais... morte! Bon sang! Quand Edward saura ça... Oh, tu n'imagines pas! J'ai honte! Désolée, désolée, je suis infiniment désolée, pardon, pardon, c'est moi la pendarde... Edward, il n'a pas voulu croire que tu étais morte, il a eu confiance en toi, je suis désolée, vraiment, il t'a cherchée partout, je crois qu'il te cherche encore - mon dieu! Tu es... Tu es vivante, Erika! Tu es vivante! Comment est-ce... Comment est-ce possible? "

Gallame s'approcha lui aussi... Et, craintif, posa une patte sur le dos d'Erika, là où il y avait encore de la place. Roserade voulut s'approcher et se joindre aux retrouvailles, diffusant pour l'occasion un agréable parfum de vanille, pensant que c'était là une façon de signifier sa joie et du réconfort pour Erika.


Mais alors que Myriam signifiait son bonheur de revoir... ainsi... Erika, quelqu'un d'autre se mettait en mouvement. Quelqu'un qui avait un Démolosse, et dont le Trioxhydre déploya ses grandes ailes. Myriam avait de toute évidence un problème, et grâce à la géolocalisation, il l'avait trouvé près du Petit Potin. Il venait de charger, dans le court intervalle entre le coup de fil et son départ, ses pistolets, et un fusil qu'il gardait toujours avec lui. La fureur l'animait.
Qui osait se mettre en travers de son chemin... Quel criminel l'attendait à l'autre bout du Petit Potin, et qu'il trouerait bientôt ?


[HS: ... Je suis désolée oO J'espère que ça vous va??]
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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Mar 20 Aoû - 21:50

Certains disent que nous avons tous notre double maléfique quelque part dans ce monde, et qu'il suffisait de le rencontrer pour disparaître, avalé par la mort. Tout en nettoyant frénétiquement son plan de travail déjà parfaitement propre, la boucletteuse blonde cherchait à faire disparaître les larmes qui perlaient sans raison au bord de ses yeux. Cette femme lui ressemblait tellement, c'était probablement son double maléfique, ou quelque chose dans le genre qui était venu la hanter afin de lui faire revivre ce qu'elle avait vécu quelques années plus tôt. Ses va et vient interminables avec son torchon sur le plan de travail se faisaient de plus en plus rapide, jusqu'à qu'elle ne les arrête d'un coup. Inspirant profondément et essuyant les prémices de ses larmes, la patronne du café retourna dans la salle des clients, tellement secouée qu'elle en avait oublié de refaire un banana split. Finalement elle ignorait pourquoi elle retournait dans cette pièce, peut être pour s'assurer que ce n'était pas la véritable Myriam qui lui faisait face.

La client s'agitait entourée de ses pokémons dans la pièce, secouant son corps de manière maladroite, cherchant à disputer quelque chose qui n'existait pas. Si l'alcool avait des effets indésirables sur la santé, sur la raison encore plus. La blondinette ne savait pas comment agir face à cette personne, elle lui ressemblait tellement, si elle la regardait une nouvelle fois dans les yeux elle allait fondre en larme, c'était chose sûre. Soudain, la jeune femme se tourna vers elle, immobilisant Erika qui ne savait aucunement quoi faire. Giovanni était probablement déjà partit, au moins il avait nettoyé un peu les méfaits de son poisson avant de s’éclipser. C'était peut être mieux comme ça, elle n'allait pas pleurer devant lui, c'était son patron quand même. Sa cliente s'approcha alors d'elle, changeant complètement d'expression. Peut-être qu'elle était redevenue sobre en un temps recors, ou bien était-ce là un nouvel acte de folie.

- … Erika ? Tu es vivante ?

Le visage de la demoiselle se pétrifia, elle ne pouvait y croire. C'était vraiment elle, et les pokémons qui l'accompagnaient étaient les mêmes qu'autrefois, mais certains ayant évolué. Non non non, ça ne pouvait pas être elle, elle était morte ! Son esprit lui jouait des tours, peut-être que c'était un cauchemar comme tous les autres. Elle avait rêvé d'eux vivants tellement de fois, ça ne pouvait en être qu'un autre. Et pourtant, cette fois-ci cela semblait si réel, même le son de sa voix était identique.

- … Tu as... Survécu ?

Madeleine et Cracotte rejoignirent leur dresseuse, la voyant complètement différente de d'habitude. Le pokémon rose entendait probablement les battements de cœur de la demoiselle tellement ils étaient nombreux et puissants. Ses jambes tremblaient tellement que les toucher la ferait flancher, elle ne pouvait pas tenir face à une chose pareille, ses souvenirs étaient bien trop puissant pour revenir tous en même temps. Elle se persuadait du mieux qu'elle le pouvait, c'était un rêve, ou bien un cauchemar, qu'importe, cela ne pouvait pas être réel. Mais tout ce doute s'évapora en quelques secondes, lorsqu'elle sentit les bras de Myriam autour de son cou pour la serrer très fort, une étreinte si puissante qu'elle comprit que tout cela était bien réel. Elle sentait des larmes couler sur sa peau, son visage toujours incapable de montrer quelconque expression. C'était bel et bien vrai, elle était en vie…

- Tu... Tu m'as tellement manquée! Je croyais que tu étais... morte! Bon sang! Quand Edward saura ça... Oh, tu n'imagines pas! J'ai honte! Désolée, désolée, je suis infiniment désolée, pardon, pardon, c'est moi la pendarde... Edward, il n'a pas voulu croire que tu étais morte, il a eu confiance en toi, je suis désolée, vraiment, il t'a cherchée partout, je crois qu'il te cherche encore - mon dieu! Tu es... Tu es vivante, Erika! Tu es vivante! Comment est-ce... Comment est-ce possible?

Déjà submergée par les émotions, Erika entendit difficilement ce que Myriam balbutiait dans ses larmes, mais elle avait bien entendu une chose. C'était son prénom, à ce garçon qu'elle avait connu, ce dernier avec qui elle avait livré le dernier combat avant de partir, ce garçon qui lui avait sauvé la vie… Edward, le prénom résonna dans la tête de la patronne du Petit Potin, les yeux grands ouverts noyés dans les larmes, elle ne put tenir debout et laissa ses jambes fléchir, manquant de tomber si Myriam ne la tenait pas. Les pokémons de la jeune Maid vinrent la rejoindre et serrèrent Erika à leur tour, chacun l'ayant connu quelques années plus tôt. Tous ses souvenirs jaillissaient dans son esprit, elle avait envie de pleurer et de sourire en même temps, de tout dégager par un puissant cri, mais la seule chose qu'elle parvint à sortir furent des paroles qu'elle rêvait de dire dans sa vie.

- Ed… Edward est vivant ? Vous… Vous êtes tous vivants ?

Erika tomba à genoux sur le sol, éclatant en sanglot, cachant ses larmes dans ses mains pour ne pas être vue dans cet état. Son passé l'avait rattrapée à une vitesse qu'elle ne soupçonnait pas. Elle avait complètement changé et caché son histoire à tout le monde, Madeleine ne savait rien, Sawako non plus, personne ne connaissait les origines de la patronne du Petit Potin. C'était celle recueillie par Mamie Sawako, voilà le passé qu'on lui avait attribué, chez les rockets, elle était la meilleure tireuse de l'organisation. Voilà, personne ne parlait d'elle comme la fille Sasaki ou bien comme de l'adoptée par Godfrey. Elle était une nouvelle Erika, et voilà que l'ancienne qu'elle haïssait terriblement venait de refaire surface. Ses gémissements de tristesse résonnaient dans tout le café, Madeleine s'approchait d'elle et ne savait pas quoi faire, Cracotte avait perdu sa joie habituelle et Confiture et Génoise l'avaient rejointe, chacune arborant un visage désolé pour la jeune Erika.

Sans le savoir, son patron était rentré dans le café et avait pu témoigner de la scène déchirante où Erika se montrait pour la première fois à son vrai jour. Ses larmes ne s'arrêtaient pas de couler tout comme celles de Myriam, elle ne parvenait pas à y croire, c'était tellement incroyable qu'ils soient tous en vie… La patronne du café se sentait tellement mal, elle avait l'impression de les avoir abandonné, de les avoir laissé à leur propre sort alors qu'elle aurait pu les aider. Ils ne l'avaient pas oublié, elle était toujours dans leur mémoire, et Edward… Edward il- !

*PAN*

Le coup de feu fit trembler les murs du café, stoppant net les pleurs de la demoiselle. Cette dernière sortit son visage de ses mains et fixa l'endroit d'où provenait le bruit qu'elle connaissait parfaitement bien. De la porte ouverte avait surgit une balle qui alla se ficher dans un des murs du cafés, y creusant un impact profond. Essuyant rapidement des larmes, la demoiselle sortit son arme de son tablier et la pointa en direction de l'entrée, là où s'approchait une ombre de plus en plus haute. Giovanni avait lui aussi sortit son arme, pensant probablement qu'il s'agissait d'une énième tentative de meurtre sur l'un des hommes les plus recherchés.

La poitrine d'Erika la serrait fortement, elle avait un très mauvais pressentiment, inconsciemment elle savait à qui appartenait cette ombre. Son visage affichant une mine incroyablement sérieuse, seules les traces des larmes persistaient et témoignaient de la tristesse qui la dévorait. Les bruits de pas se firent de plus en plus proches, la main sur la gâchette, la demoiselle était prêt à tirer à tout moment. Du moins, c'était ce qu'elle pensait.

Un homme excessivement grand entra dans le café, affublé d'un chapeau qui lui était propre, l'homme barbu leva la tête, reflétant la lumière de la lune sur les verres de ses lunettes. Un sentiment de joie mêlé à celui de l'inquiétude s’empara d'Erika, elle le reconnut immédiatement et baissa son arme sans méfiance. Cet homme, c'était son mentor, son deuxième père, l'homme qui lui avait appris à se battre, Vincent Godfrey.

- Monsieur Godfrey… Vous…

L'homme leva son bras et pointa son fusil en direction d'Erika près de qui se tenait Myriam. Il ne l'avait pas reconnue ou bien… ?
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Giovanni Sakaki
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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Mar 20 Aoû - 23:30

Devant lui, à quelques mètres... Erika. Sur les rotules. Un mouvement faiblard de ses épaules témoignaient des sanglots peu sonores qui s'échappaient de sa bouche. La femme saoûle de toute à l'heure la soutenait, avec une mine empreinte de l'amertume du passé et de la joie du présent. La tristesse se reflétait sur ses traits, mais son regard ne pouvait s'empêcher d'être animé par une lueur de bonheur.

Sakaki n'en revenait simplement pas.

Erika, la meilleur agent de toute la Team, la tueuse implacablement efficace, au sang-froid exemplaire... fondait en larmes, devant cette cliente. Un lien, déchiré, semblait les lier... Et durant un instant, le quadragénaire resta immobile, posté en tant que simple observateur. Il se rendait compte, de son côté, que ses agents demeuraient de vulgaires êtres humains, même les meilleurs, même son élite.

Si la situation avait été différente, il aurait laissé à sa subordonné son intimité. Mais l'état de sa voiture témoignait d'un danger approchant. Aussi risqué que cela pouvait paraître, il était de son devoir d'aller interrompre cette scène riche en émotion, pour évacuer les lieux, au plus tôt.

*PAN*

Ses tympans résonnaient avec stridence, tandis que machinalement sa main vint saisir son arme. L'ex-champion, d'une roulade, se décala de la porte, d'où le coup venait. Erika avait revêtu à nouveau son titre de professionnelle et arborait, armée, une position de tir déterminée.

Un silence vint.

Puis... des pas, calmes, comme maîtrisant la situation, approchaient. Une silhouette se dessinait sur la porte vitrée du Petit Potin, tandis que la présence de l'inconnue se faisait de plus en plus pressante, comme si ce dernier dégageait une aura suffisante pour modifier l'atmosphère. Le rythme cardiaque du quadragénaire s'accéléra, alors que d'habitude il ne ressentait que peu d'adrénaline... Après tout, c'était son canon, et celui de son agent, qui était pointé à l'encadrure de la porte. Techniquement, l'avantage était sien. Mais... quelque chose était étrange.... et ne rassurait pas le manitou Rocket.

- Monsieur Godfrey… Vous…

La voix d'Erika, alors qu'un chapeau haut de forme et une silhouette massive et sombre avaient pénétré le tea room, surprit Giovanni. Ce dernier jeta un coup d'oeil en sa direction, et constata qu'elle n'avait plus de visée, son arme étant baissée.

Sakaki porta alors plus d'attention au nouvel arrivant, dont les traits faciaux finirent enfin par apparaître, à la lumière des lampes du café. Des lunettes rondes camouflaient son regard, tandis que le canon de son arme avait en ligne de mire la jeune femme aux bouclettes.

Un froid glacial parut s'abattre sur le Petit Potin.

Heureusement, Giovanni, lui, l'avait toujours en visée.

"Approchez et je vous tue."

Le concerné, ignorant royalement la voix de Sakaki, fit un pas supplémentaire, ce qui changea l'éclairage de ses verres. Ainsi, durant un instant, ils furent transparents, laissant enfin voir le gris de ses yeux. A ce moment, Giovanni eut également, involontairement, le canon de son arme dirigé vers le bas.

Son père.

Le portrait craché de son père.

Une tignasse grise dépassant de son chapeau, une imposante posture, des épaules larges, un menton carré, des yeux gris aussi pénétrants qu'insondables...

Cet homme... avait les caractéristiques Bootleg... Et ce fut suffisant au Pokémafieux pour endormir son engouement, et le stupéfier durant plusieurs secondes.

Pire, ce fut suffisant pour instaurer le doute. Durant un instant, il fut tenté de citer le nom de Rayleigh, pensant être victime d'une de ses plaisanteries de mauvais goût.

Mais... son regard se porta vers Erika, hésitant face à l'aptitude à adopter.

Un calibre était pointé sur la demoiselle. Le sosie de son père ne paraissait pas avoir le volonté d'abaisser son canon et de mettre un cran de sécurité. Giovanni était paré à tirer, mais la main camouflée dans son épais manteau de l'individu lui faisait souci. Et s'il cachait une arme, dont le canon était visé sur lui ?

Méfiant, Giovanni corrigea sa position de tir, mettant bien en joue le dénommé "Godfrey".

Puis, d'une voix qui se voulait plus assurée que précédemment, il rompit la glace.

"Si vous devez viser quelqu'un dans cette pièce, je présume que ce serait moi, et pas une adolescente accompagnée d'une ivrogne."
.

_________________


You might be a big fish on the pool, but right here, I'm t he SHARK...




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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Mer 21 Aoû - 17:03

… L'espace d'un instant, le rêve avait viré au cauchemar. Erika était enfin de retour, ils allaient tous rentrer chez le lord, tout le monde serait heureux... C'était bien elle, et elle se souvenait d'eux, et elle aussi pleurait de les avoir retrouvés, tout le monde rentre et on forme une famille comme avant...
Et puis le lord venait de débarquer, elle ne savait pourquoi, ni comment il avait fait pour être si rapide, et il avait tiré... Sur le monsieur de tout à l'heure, qui était revenu.

Pourquoi  ?

Gallame, lui, savait. Et enfin tourmenté entre ce qu'il aurait du faire et ce qu'il ne voulait pas faire, il restait là, planté, observant paniqué deux hommes qui s'affrontaient du regard. Giovanni Sakaki – et le lord. Il venait d'entrer calmement, à pas lents, le visage empreint d'une austérité effroyable. Qu'elle connaissait. Qu'elle connaissait trop. Qu'elle connaissait trop bien.
C'était le regard qui précède la mort.
Erika l'appela tout doucement, puis d'un coup, trop rapidement, trop trop rapidement, Giovanni et elle pointaient des armes à feu sur le lord. Mais qu'est-ce qui se passait, que diable... Puis Gallame transmit l'information à Myriam, et elle pâlit.

Le lord avait un pistolet sur Erika. Erika et Myriam savaient toutes deux qu'il portait toujours au moins trois armes chargées sur lui, et qu'il en avait sûrement en effet une deuxième prête à l'emploi pour Giovanni. Tirer sur deux cibles n'était pas un problème. Pourquoi la braquait-il  ? C'est vrai, ils avaient eu si peur de la perdre et été si malheureux de la croire morte, pourquoi la mena... Elle était à deux doigts de lui dire qu'elle allait bien et qu'il ne fallait pas s'inquiéter, Erika ne lui ferait aucun mal, quand son cerveau fit un tour qu'il aurait préféré ne pas faire.
«  … Non...  »
Myriam baissa lentement le regard vers Erika. Puis elle comprit ce que son patron s'était dit. Erika savait qui était Giovanni. L'inverse n'était pas envisageable. Elle avait appris la haine des criminels, et peut-être que le lord lui avait enseigné d'autres choses sur sa philosophie de vie – un criminel ne doit pas rester en vie. Giovanni Sakaki était fou de se promener ainsi en plein jour et reconnaissable entre tous, surtout si près d'endroits où la Team Rocket avait fait des ravages autrefois. Alors si Erika ne le braquait pas lui, mais le lord à la place... Et surtout, elle n'aurait jamais du le braquer lui...
C'était qu'elle était avec lui.
«  ...Non  !  »
Le gémissement qui s'écoula de la gorge de Myriam voulait tout dire. Gallame se prépara à agir. Il la sentait au bord de la folie, prête à faire n'importe quoi.

Gallame leva le nez vers le lord, qui acquiesça lentement. Le pokémon savait tout aussi bien que lui ce que Myriam – faible physiquement, et pas très douée de ses dix doigts – allait faire. Une connerie. L'ordre de la téléporter à l'abri venait d'être donné, et le pokémon galant s'apprêta à téléporter sa maîtresse...
Mais elle parlait, et interrompit tout le monde. Ou plutôt balbutiait. Et, comme une chèvre, faisait précisément ce qu'elle avait appris à ne pas faire  : déclarer son action avant de la mettre en œuvre. D'ailleurs, elle s'était relevée, et chancellait sur place, un grand sourire béat sur les lèvres.
«  Si je tue monsieur Giovanni... Milord n'aura plus de raison de vouloir tuer Erika, hein  ? Et puis on rentrera tous, et ça sera fini, on sera tous heureux, hein  ?  »
Elle rit.
Comme une démente. Les yeux grands ouverts. Sa main se déplaça vers l'intérieur de son décolleté, d'où elle tira un petit couteau. Puis elle rit en direction de Giovanni. Cette fois, en adoptant le sourire du kitsune.
«  Merci, au fait, pour m'avoir proposé une deuxième pâtisserie  !  »
Et elle se mit à courir vers Giovanni, dans la ferme intention de le lui planter dans le corps. Gallame se téléporta et la téléporta trop tôt pour qu'elle puisse recommencer, mais elle était arrivée très près du mafiosi et avait tenté de lui porter le coup. Après, il était peu probable que cela ait touché.

Mais cela n'avait aucune importance.
Parce que cela avait offert une fenêtre d'action au lord, qui, dès que son acolyte eut été téléportée derrière lui, ne s'embêta pas à parler et tira sur Giovanni de l'arme qui était visible, changeant rapidement d'objectif. Ou plutôt, sur la main du Sakaki qui portait une arme. Un rictus aux lèvres, ne s'ennuyant pas à chercher à savoir s'il avait touché, ou tiré une seconde fois, la voix du lord retentit froidement. Tandis que ses yeux glacés parcouraient la salle.
«  L'ivrogne, telle que vous la qualifiez, est mon associée. Et l'adolescente, qui n'en est pas une, nous le savons tous deux, fut ma fille adoptive. Ce serait dommage de lui coller une balle entre les deux yeux, mais je le ferais quand même, elle le sait.  »
PAN.
Une troisième balle vola s'écraser à deux centimètres de l'épaule d'Erika. A desseins. Myriam, recouvrant les esprits, continuait à trembler derrière lui, protégée par Gallame. Elle voyait tout ce qui s'était passé, et cria en voyant l'arme tirer en direction d'Erika. Elle gémit derrière le lord, mais il parlait déjà de nouveau.
«  En revanche, vous...  ? Voyez-vous, vous êtes un criminel, et on m'a toujours dit que les criminels doivent être punis. Je consentirai à pardonner Erika si...  »
«  Attendez  !  » s'écria Myriam, affolée, tentant de courir au beau milieu de la pièce, mais rattrapée in extremis par Gallame. Elle voulait de toute évidence se placer au milieu et empêcher tout le monde de s'étriper. «  C'est faux  ! Erika, c'est Erika  ! Ne lui tir...  » Mais c'était inutile, et elle le savait très bien. Aussi, prise d'une soudaine inspiration, elle cria  :
«  Roserade  ! PARA-SPORE  !  »
Le pokémon plante comprit instantanément. Si les humains ne pouvaient plus bouger, ils pourraient parler et peut-être apaiser le conflit  ! Oh, douce naïveté. Cependant, la plante y croyait aussi et secoua ses feuilles, tandis que le lord, jurant, avait déjà appuyé sur la gachette, visant cette fois la tête de Giovanni.

Mais le plafond s'écroula à ce moment-précis, laissant place à un Trioxhydre complètement enragé et un Elektek qui avaient visiblement joué à piétiner le haut du café.

Le lord toussa, mais ne perdit pas de temps et fonça vers son acolyte qui fouillait les décombres à la recherche de Roserade. Elle se fit saisir par le bras puissamment et entendit  :
«  Partons  ! Si tu restes là, tu feras une proie facile  ! On parlera plus tard de ton 'initiative'...  !  »
Il était furieux. Et elle s'en tamponnait le coquillard. Myriam fit volteface et protesta  :
«  Je ne peux pas vous laisser faire ça  ! Vous ne pouvez pas tuer Erika  !  »
Gallame agrippa lui aussi Myriam et la tira hors de là, lui promettant qu'il irait récupérer Roserade. Un épais écran de fumée embrouillait toute la pièce, et tandis qu'ils quittaient le petit potin sans que le lord ne daigne répondre aux accusations de Myriam, Roserade s'extirpait à grand-peine de son côté du Potin.... Du côté de Giovanni et d'Erika.

Cependant, une fois à l'extérieur, Trioxhydre et Elektek revenant vers eux et les deux adultes grimpant sur le dragon, Myriam coula un regard en douce au lord et grommela  :
«  Mais... A quoi cela rimait-il de faire tomber le plafond  ?  »
Il regarda ailleurs. Mais elle décela un bout de grimace franchement agacé. Il marmonna tout bas  :
«  A faire diversion. … Mauvais timing de Trioxhydre. C'est qu'il se fait vieux, mon vieil ami  !  »
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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Sam 24 Aoû - 22:49

Une seule seconde. En une seconde à peine, Erika voyait le monde s'arrêter devant ses yeux. En face d'elle, son mentor, son père adoptif, Godfrey qui visait de son arme l'autre père d'Erika, son Boss, Giovanni. Entre eux, une femme qui essayait de s'interposer tant bien que mal avec son pokémon plante, lui ordonnant de répandre une poudre paralysante afin d'interrompre l'affrontement entre les deux hommes. Mais le doigt sur la gâchette se pliait et actionnait le mécanisme létal, tandis qu'Erika restait immobile, effrayée ou bien incapable d'agir. Tout tourna au ralenti, le coup de feu fit trembler ses tympans, elle vit la balle jaillir du fusil, perçant l'air pour aller en direction du crâne du chef Rocket.
La sniper voulait agir, voyait les évènements se dérouler devant ses yeux mais ne parvenait pas à bouger. La poudre de Roserade tourbillonnait dans le café, la poudre de l'arme de Godfrey s'y créait un sillage, tout ceci dans un silence assommant. Et soudain, un énorme nuage de poussière fit sortir Erika de sa torpeur, son cœur sembla redémarrer tout comme ses réflexes fulgurant. Elle crut apercevoir Roserade en plein sous le toit qui allait lui tomber dessus, la forçant à courir l'aider sans trop réfléchir. Ses jambes la poussèrent en direction de la petite plante se plaçant elle aussi sous le toit en train de tomber. Enroulant ses bras autour du pokémon, la patronne du petit potin ferma les yeux, prête à recevoir toutes les blessures qu'elle méritait.

… Mais rien. Aucun choc, aucune secousse, aucune blessure, elle était intacte, tout comme Roserade qu'elle serrait dans ses bras. Erika ouvrit alors les yeux et leva la tête, découvrant une silhouette ronde qu'elle connaissait bien. Génoise avait dressé un bouclier autour de la demoiselle, usant de ses talents psychiques pour protéger sa chère dresseuse qu'elle connaissait depuis qu'elle était sortie de son oeuf. Les débris du toit tombèrent autour du bouclier du petit pokémon rose avant que ce dernier ne le fasse disparaître, permettant à Erika de reprendre ses esprits. Le topo était un peu dur à digérer, son passé avait surgit au moment où elle s'y attendait le moins, d'autant plus qu'il avait choisi l'unique jour où Giovanni allait au café. Résultat, le plafond s'était effondré, le café était presque en ruines et son parqué était ruiné à cause du sang de son boss. La sniper eut un sursaut et se leva rapidement pour rechercher son patron derrière le nuage de poussière qu'avait soulevé la chute du plafond.

- Boss ! Boss !

Une voix se fit entendre, il parlait encore, au moins la balle n'était pas allée se loger dans son crâne. Tenant Roserade par un de ses bras, la boucletteuse blonde traversa le nuage de poussière et retrouva son patron, indemne. Voilà une bonne chose, son Boss n'était pas mort dans son café et son parqué était nickel (mis à part le toit qui s'était écroulé dessus). La demoiselle ne savait pas trop comment s'y prendre devant le mafioso, elle venait de lui montrer une facette de sa personnalité qu'elle refusait de dévoiler à quiconque. Elle ne voulait surtout pas être vue ainsi, faible et fragile. Ça, c'était l'Erika d'avant, la jeune fille Sasaki qui se cachait derrière la jambe de son père face aux hommes qui l'effrayaient. Cette fille était morte, sa tombe reposait dans la roseraie de son manoir. Elle était quelqu'un d'autre, un point c'est tout.

- Boss je m'excuse pour ce que vous avez vu, vous ne m'y reprendrez plus.

Elle inspirait profondément, son visage était encore différent de son masque d'habitude, alternant entre tristesse et repentit. C'était la dernière fois que son patron la voyait de cette façon, elle s'était faite la promesse de ne jamais se montrer ainsi, et elle avait failli. Non, elle n'avait pas le droit de montrer ses sentiments, pas elle, elle était Erika, la sniper rocket, son passé était aux oubliettes… Ces personnes, dans son café… Myriam, Godfrey, il étaient…

Des étrangers

La demoiselle se tourna, dos à son patron. Elle devait ravaler ses larmes et sa tristesse, les cacher, les dissimuler, les masquer.

- Boss, si vous me voyez comme cela une fois de plus. Je vous le demande… Tuez-moi.

Toujours dos à son patron, entourée par le nuage de poussière, la demoiselle avait prononcé des mots marqués au fer rouge. En une phrase, elle avait choisi son camp, celui des rockets, reniant son passé une bonne fois pour toute. La demoiselle s'excusa intérieurement auprès de sa mère et de Dame Éléonore, les deux grandes dames à qui elle avait promis de vivre. Erika lâcha le bras végétal de Roserade et lui adressa un regard plein de gentillesse, comme à ses propres pokémons. Elle ne tuerai pas Myriam, tout simplement parce qu'elle était l'incarnation de l'innocence. En revanche, Godfrey n'était pas du même bain. Il s'était permis de détruire son café et d'attaquer son patron. Rocket ou pas, elle lui fera payer.

Erika se retourna, et fit face à son patron. Son visage de tireuse d'élite était de retour, aucune traces de larmes, aucune marque de tristesse ne marquait son regard. C'était un combat, et connaissant le barbu, l'issue allait être la mort de l'un d'entre eux. La sniper s'orienta aisément dans son café et se plaça derrière son comptoir, appuyant à un endroit précis pour ouvrir un tiroir. Elle en sortit deux fusils chargés qu'elle échangea avec son tablier (bah oui le tâcher avec de la farine d'accord, mais du sang…). Fixant le trou béant qu'avait creusé le Trioxhydre de Godfrey, la demoiselle aperçut une silhouette volant dans le ciel à plusieurs mètres de là. Il la testait, il voulait voir s'il la toucherait à cette distance. Un sourire s'afficha sur le visage de la boucletteuse, son mentor le sous estimé grandement, peut-être pensait-t-il qu'elle ne s'était pas entraînée depuis qu'elle était à Johto. Grave erreur.

Armant son fusil, la demoiselle approcha l'objet de son œil droit. Le coup partit en un rien de temps, la balle partant se loger dans le chapeau du Lord. Plus qu'un tir bien placé, c'était un véritable coup à l'intégrité du barbu que venait d'asséner la sniper. Cette dernière appela ses quatre pokémons à sa suite ainsi que Roserade. Elle regarda alors son patron, lui adressant un regard emplit de loyauté. Puis elle sortit de son café accompagnée de son patron et avança dans la pénombre nocturne, s'éloignant le plus rapidement et le plus possible de son café. Il s'agissait du trésor de Sawa-chan, quiconque s'amusait à le détruire se confronterait au châtiment de la sniper.

- Madeleine, radar.

L'équipe d'Erika était passée en mode mission, les serveuses du Petit Potin étaient bien loin. Le pokémon rose se concentra et ferma les yeux. Génoise, qui était en symbiose avec ses pensées, dressa immédiatement un bouclier qui vint à parer un tir de Godfrey, perché sur son Trioxhydre. Erika répliqua avec deux tirs que le Lord évita sans peine, sa cible était le chef Rocket.

- Confiture ! Brouillard !

Le pokémon feu cracha une épaisse volute de fumée noire qui fit disparaître la sniper, ses pokémons et son patron. Godfrey était probablement pourvu d'une vision nocturne ou bien il s'aidait avec la lumière de la lune, cependant ce qu'il ignorait c'était que la vision nocturne d'Erika, c'étaient les oreilles de Madeleine. Les coups de feu fusèrent et effleurèrent le Lord, la demoiselle ne cherchant absolument pas à le toucher mais à l'éloigner du café.

- Boss, direction la tour Chétiflor, restez près de Génoise elle vous protègera.

Pourquoi la tour ? La position d'un sniper n'est-elle pas située en hauteur ~?

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Giovanni Sakaki
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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Dim 25 Aoû - 0:15

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Il n'avait rien eu le temps de comprendre. Son regard de fer, rivé vers l'intrus ressemblant tant à son père étant entré en scène, Giovanni l'avait en joue. Prêt à décider de la minute de sa mort. Du moins, c'était ce qu'il croyait. Une voix féminine dérangea sa concentration, d'autant plus qu'elle fut suivie d'un rire totalement démentiel. La jeune femme éprise d'alcool de toute à l'heure l'observait, avec la désillusion animant ses iris noyés par les larmes. Elle sortit de son décolleté une lame, puis se dirigea vers le pokémafieux.

A ce moment, le quadragénaire sentit une goutte de sueur perler. Soit il se retournait et tirer sur la jeune femme, et à ce moment, il en était sûr, l'homme lui tirerait dessus à son tour, soit il attendait le dernier moment pour parer l'attaque frontale de la folle qui se dirigeait vers lui. Cela paraissait la bonne option, elle ferait une otage utile.

Mais malheureusement Sakaki n'en eut pas l'occasion. Alors qu'il allait pivoter sur ses pieds et se défendre, la demoiselle au couteau disparut, soudainement, pour réapparaître derrière le Monsieur au Chapeau. A cet instant, un coup de feu retentit, forçant Giovanni à lâcher son arme. Pour cause, il ne fut pas blessé à la main, non, mais la balle traversa son épaule, le projetant au sol, plus loin. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, sa blessure était futile, il balaya d'ailleurs la douleur ressentie par un juron. Rien n'avait été cassé suite à l'impact, le petit calibre n'avait fait que de rentrer et sortir, sans imploser et détruire son articulation. La raison ? La chance, tout simplement... une balle qui n'avait pas assez de poudre à sa conception, ou un détail technique du genre lui avait permis de s'en tirer sans dommages graves.

Mais l'heure n'était pas à la réjouissance. Sakaki demeurait quand même sonné et ne put se relever de suite. Le Lord s'adressait à lui au moment où le quadragénaire rampait en direction de son arme à terre.

« L'ivrogne, telle que vous la qualifiez, est mon associée. Et l'adolescente, qui n'en est pas une, nous le savons tous deux, fut ma fille adoptive. Ce serait dommage de lui coller une balle entre les deux yeux, mais je le ferais quand même, elle le sait. »

Cette phrase stoppa l'élan du mafioso qui à cet instant adressa son regard à Erika. Fille... adoptive ? De son vague souvenir, la Erika qu'il avait engagée, prise sous son aile, à qui il avait donné une vocation, un but, un sens à sa vie, était une enfant sans attaches, venue d'une contrée lointaine. Pas d'amis, pas de familles. Seulement une équipe pokémon, et des armes.

Le passé de sa jeune subordonnée avait toujours paru insignifiant, inexistant, pour cause, il n'avait jamais été évoqué. Et là, il semblait tant important que des vies étaient en jeu, au nom de ce passé, et avec la relation entretenue avec cet homme et cette femme, qui menaçaient le leader Rocket.

C'était sûr, la jeune femme lui devrait des explications....

Mais l'instant n'était pas à ça.

Une seconde détonation se fit, cette fois portée vers la Sniper. L'agresseur retourna par la suite son canon vers l'ex-champion qui voyait son heure arriver. Ses doigts se crispèrent sur le parquet jusqu'à faire pâlir ses phallanges... oh non, il ne mourrait pas bêtement parmi les pâtisseries du Petit Potin, ce n'était pas son destin.... oh que non... Nidoking était prêt à intervenir. Mais la question était........ Qui serait le plus rapide ? Le kick de Giovanni, ou la détente de Godfrey ?

« En revanche, vous... ? Voyez-vous, vous êtes un criminel, et on m'a toujours dit que les criminels doivent être punis. Je consentirai à pardonner Erika si... »

Myriam s'interposa, laissant quelques secondes précieuses supplémentaires au mafioso pour se rapprocher de son arme. Mais... Malheureusement, rapidement, ces mouvements cessèrent. Ses muscles s'engourdirent. Para-spores...

Damnation !

Son magnum n'était qu'à quelques centimètres de sa portée. Et il était inapte au déplacement, pour une durée indéterminée. Même lorsqu'une violente secousse se fit, Sakaki ne put se déplacer. Fort heureusement, l'impact de la balle de Godfrey avait modifié sa position de quelques mètres, ce qui lui évita les débris du plafond qui s'éparpillaient un peu partout, provoquant un nuage de poussières handicapant.

Désormais, tout le monde était engourdi et aveugle. Au moins, ils étaient tous au même niveau. Cette situation laissa le temps au mafioso de se faire un topo de la situation.

Il y avait cette jeune femme instable, qui paraissait être du camp de l'homme qui venait d'entrer dans la pièce. Ce dernier savait manier les armes à feu à la perfection. Pour preuve, il avait voulu blesser Giovanni, il l'avait blessé. Il voulait désormais le tuer, et n'allait certainement pas tarder à le faire, s'il conservait sa position au sol...

Deux adversaires, dont un qui se montrait redoutable, et un autre totalement imprévisible.
D'autant plus qu'ils semblaient faire partie de l'entourage de son agent..........

Ce qui amena forcément le mafioso à se poser la question.

Et elle, dans quel camp était - elle ?

- Boss ! Boss !

La voix de la plus jeune retentit, mais son supérieur hésita avant de répondre. Puis, comme suivant son instinct, il indiqua sa position d'une voix mécontente.

Elle ne mit pas longtemps avant de le retrouver, apparemment soulagée. Giovanni avait pu retrouver le sens des mouvements, et était désormais armé, son canon prêt à pointer la silhouette d'Erika, qui était encore floutée par la poussière. Si la jeune Sasaki lui apparaîtrait armée... il n'aurait guère de choix pour défendre sa vie.

Mais quel soulagement ressentit le pokémafieux lorsqu'il constata qu'aucun canon menaçant n'était pointé en sa direction. Seulement le regard mi-inquiet mi-perplexe de son élite qui l'observait. Ses muscles se détendirent, et le reflet de ses iris s'adoucit. Il enleva son doigt du cran d'arrêt de son arme, et se redressa, son épaule meurtrie sifflotant quelque peu mais sans grande envergure.

Rapidement, le Boss scruta les environs brumeux du petit potin, à la quête des deux autres silhouettes restantes. Mais... rien. Comme s'ils avaient déserté l'endroit, soudainement, ce qui ne rassurait nullement l'ex-champion.

- Boss je m'excuse pour ce que vous avez vu, vous ne m'y reprendrez plus.

La voix résignée de la jeune femme interrompit sa recherche visuelle, forçant le mafioso à la regarder dans les yeux. Un regard lourd de sens. Les excuses seraient pour après, s'ils s'en sortaient vivants. Puis, elle lui tourna le dos. Le patron pensa alors leurs conversation terminée mais....

- Boss, si vous me voyez comme cela une fois de plus. Je vous le demande… Tuez-moi.

"..."

Le mafioso contrôla le contenu de son magasin, avant de le réintroduire dans l'arme, et de tirer en arrière sa culasse, pensif. Puis, leur regard se croisèrent à nouveau, mais cette fois, celui de celle qui était il n'y avait pas si longtemps une petite fille était changé. Froid, glacial, digne de la machine qui faisait les assassinats à la chaîne, sans jamais vaciller, sans jamais louper son objectif. Celle qui arborait un "R" lourd de responsabilité gravé au fer rouge sur son âme.
Sakaki soutint un moment ce regard, les yeux légèrement plissés par les particules flottants dans la salle d'accueil du Petit Potin.

Puis, il hocha la tête, silencieusement, approuvant la sentence de mort sine qua non qu'elle s'infligeait d'elle-même.
Et l'instant disparut, s'évaporant avec la peine et la douleur qu'affichaient les yeux d'Erika. Cette dernière arma son fusil à l'épaule, ayant en ligne de mire une silhouette ailée dans les airs. Giovanni ne perdit même pas temps à accompagner ses tirs, sa portée était bien trop courte, et sa précision n'égalerait jamais celle de sa tireuse d'élite. Il lui laisserait gérer les combats à distance, lui s'occuperaient des frappes explosives.

Aussi, il prit les devants et sortit du Petit Potin, rapidement rejoint par Erika, qui se chargea de le couvrir. En effet, son équipe Pokémon avait fait en sorte de couvrir une longue surface de brouillard, afin de rendre la visibilité de leur ennemi affaiblie.

Tout cela pour se rendre à la Tour Chétiflor. Du moins, c'était le plan de son agent. Sakaki eut un rictus.... Fuir, n'était pas une option. Mais son agent responsable de la sécurité savait certainement mieux que lui stratégiquement ce qui lui permettrait d'avoir la vie sauve, aussi il daigna lui accorder confiance, et entreprit de courir en direction de la tour.

Cependant, cette dernière se trouvait à une courte distance, ce qui était une chance. Sinon, le repérage de leur position par Godfrey aurait été plus aisé, le brouillard se dissipant hélas assez rapidement.

Quelques échanges de coups de feu animèrent la course effrénée de la sniper et du pokémafieux, qui finirent par parvenir à la tour sans grande difficulté, ce qui était une chose encore plus inquiétante. Cela signifiait que leur ennemi n'avait pas grand souci de voir ses proies partir. Qu'il maîtrisait le terrain, ses armes, et très sûrement ses pokémons. Et... sa détermination paraissait d'acier. D'autant plus que.......

L'aura qu'il dégageait... La motivation inhumaine qui découlait de son regard.... en disait long sur ses capacités. Si Giovanni pressentait le danger, avant même que le premier coup de feu fût tiré, c'était qu'il avait affaire à un ennemi digne de ce nom. D'habitude, ce genre de défi, même pour sa survie, aurait ranimé son orgueil et renchérit son désir de montrer sa supériorité. En clair, Sakaki l'aurait pris comme un défi intéressant, un challenge dont l'issue serait fatidique.

Mais pas là, pas aujourd'hui, pas avec cet homme. Quelque chose était différent en lui. Et... le fait qu'il croyait voir son propre père n'aidait pas vraiment Giovanni à la concentration...

Il... devait le faire.

Aussi déconcertant que cela pût le paraître, le pokémafieux se saisit de son téléphone et composa un numéro avant de porter l'appareil à son oreille. Un regard presque angoissé était adressé à la jeune Sasaki. Celle qui avait l'habitude de voir son Boss sûr de lui, même dans les situations les plus serrées, devait être surprise. Mais en même temps elle était le plus à-même de pressentir vraiment les enjeux à cette confrontation, et elle-même devait douter de sa propre survie...

Cet... homme au chapeau haut de forme...

"Allô ?"

*BAM*


Alors qu'une voix au combiné lui répondait, une puissante déflagration retentit, faisant se fissurer de plusieurs centimètres les épaisses planches composant les fondations de la tour.
Giovanni n'eut pas le temps de répondre grand-chose, si ce n'était "PETIT POTIN", qu'il raccrochait, et entreprenait les interminables escaliers de la tour avec Erika. Il lui fallait de la hauteur, pour que sa visée soit optimale, et à trop rester à l'étage, ils risquaient bien de se confronter au Lord avant même d'être prêts.

Il fallait en effet à sa subordonnée le temps d'organiser son équipe pokémon, de poser comme il fallait ses fusils pour optimiser sa portée et prévoir ses munitions. De son côté, Giovanni réfléchissait. Les combats aériens... n'avaient jamais été son fort, et ne le seraient sans doute jamais. Il était terre-à-terre, dans tous les sens du terme, Il ne pourrait pas apporter son aide à la jeune femme, mais elle pourrait compter sur lui dès le moment où Godfrey lui serait à une portée possible pour son Magnum, ou pour la puissante musculature de son Nidoking. Pour le combat rapproché, il enverrait toute la force que contenaient ses plus puissants pokémons pour écraser au mieux cet homme qui attentait tant à sa vie....


~~~~~~~


Au même moment, à plusieurs kilomètres de là, un septuagénaire observait avec une grande perplexité son téléphone. Il ignorait quel numéro avait tenté de l'atteindre, et n'avait pas vraiment su identifier la voix étant donné les perturbations, mais quelque chose, dans ses tripes, lui faisait dire qu'il connaissait très bien cette personne. Et que, si son identité s'avérait être celle à laquelle il pensait, le fait qu'il ait appelé relevait soit du miracle, soit d'un cas d'état-major.

Quels mots avait-il prononcé déjà ?

"Petit Botin ? Shakky, ça te dit quelque chose ?"

Il ne fallut pas longtemps à son interlocutrice pour qu'elle lui corrige le nom atrophié et lui indique l'emplacement de son tea-room préféré.
Les explications terminées, l'ex-Empereur resta un moment silencieux, éperdu dans ses pensées.

Puis, se levant avec grâce, il revêtit un manteau obscur et réajusta ses lunettes.

"Je vais y faire un tour, tu veux que je te ramène quelque chose ?"

_________________


You might be a big fish on the pool, but right here, I'm t he SHARK...




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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Mar 24 Sep - 19:18

… Son chapeau  ?
Le coup de feu retentit, et Myriam poussa un cri suraigu. Un brouillard épais s'éleva bientôt – mais l'homme au chapeau perçé n'en tint pas compte, clignant des yeux amusé, ayant ôté son couvre-chef pour le contempler avec ce qui semblait être de la joie. La brunette s'était agrippée à lui en criant n'importe quoi, mais il la fit bientôt taire en lui couvrant la bouche de sa main et murmurant un chut, les yeux baissés vers le brouillard. Astucieux – bien que cela ne bloquait pas les pouvoirs de Gallame, comme il l'avait cru au départ, cela permettait à Erika de repérer mieux ses proies à travers le brouillard. Elle s'était visiblement destinée à ce genre de travail, et cela impliquait aussi un moyen de protection... D'où, l'écran de fumée. Cependant, Myriam, après s'être demandée pourquoi diable Erika avait continué à se battre au lieu de profiter de la paix, eu l'idée d'appeler Anorith et de lui ordonner de garder un Abri à disposition. Pendant ce temps-là, le lord faisait preuve de la hauteur à Trioxhydre.
Cet écran était une excellente idée... Dommage que cela ne fonctionne pas avec une créature telle que Trioxhydre, avec son flair de prédateur. Habitué pendant des années à ne rien voir, ces créatures fonctionnaient énormément avec leurs sens de l'odorat et de l'ouïe. Cependant, le raisonnement était très bon, si bon qu'il occasionna une réaction... intéressante chez le lord.

Il ne put s'empêcher de rire – et là, c'était sincère. Sincère... D'une façon étrange, car la plupart des gens n'auraient pas été ravis de voir leur propre «  fille  » tenter de les tuer. Myriam, montée sur le dos de Trioxhydre et faisant de son mieux pour ne pas s'accrocher au tireur que cela aurait pu gêner, contemplait la scène avec une peur grandissante.
Que pouvait-elle faire...  ?
Que pouvait-on faire pour arrêter ce massacre  ? Un sourire monstrueux aux lèvres, le tireur avait laissé ses proies s'échapper et courir jusqu'à la Tour Chétiflor. Il ne cessait de regarder les alentours, de ce regard calculateur qui indiquait qu'il cherchait le meilleur angle de vue. Et, surtout, ce rire, et ce rictus amusé et fier... La demoiselle demanda à voix basse, lors d'une accalmie, le tireur ayant arrêté de canarder pour pouvoir écouter et peut-être savourer (ou plutôt, s''il continuait à tirer, réalisa t-elle, il risquait de blesser quelqu'un – et ce n'était, pour le moment pas nécessaire) le chaos  :
— Vous... Semblez fier.
— Mais je le suis. Pas toi  ? Elle tire aussi bien qu'Edward, maintenant. Peut-être même mieux.
— Vous n'êtes pas furieux  ?
Trioxhydre fit une voltige pour éviter un tir. Le son était donc ce qui les attirait... Et, malheureusement pour eux, et pour le lord aussi qui voyait ses ouvertures de tir considérablement freinées, le bordel qu'ils faisaient depuis un moment et le bazar que Giovanni et Erika avaient occasionné en grimpant dans la tour, sous les tirs nourris de l'ancien noble, avaient réveillé les moines. Et – eux qui prônaient la non-violence – ils étaient servis. Enfin. Une telle bagatelle ne devrait pas gêner Erika, si elle s'était préparée à devenir une snipeuse, comme une vue claire leur permit enfin de le constater, au vu de ses armes et de sa position.
Myriam s'écria  :
— On va blesser quelqu'un  !
— Alors agis en conséquence, siffla t-il, en la poussant sèchement hors du dos de Trioxhydre.

… Et elle se mit – légitimement – à paniquer, et surtout hurler comme une folle. C'était une diversion, hein  ?! Il allait la sauver, et pas la laisser se tuer en s'écrasant comme une daube par t...
A moins que  !
Sa main fourrailla rapidement dans ses poches de robes, et bientôt, un Grodrive s'éleva dans les airs, tenant sa maîtresse au bout des pattes. Le cœur battant à cent à l'heure, elle était consciente que son hurlement devait avoir alerté tout le monde. Un «  TEEEEK  » bruyant lui signala que sa ball contenant Elektek était restée en haut, avec son patron, qui l'utilisait visiblement pour brouiller les pistes et attaquer à distance l'ennemie. Bien que de considérer Erika comme son ennemie lui fit épouvantablement mal au cœur... Rajustant sa robe blanche à présent grise de poussière et entièrement froissée, Myriam se hâta de pénétrer à l'intérieur de la Tour Chétiflor, qui n'était pas détruite, mais qui prenait cher pour son grade avec des tireurs qui ne cessaient de se canarder tout en haut, et des pokémons qui n'arrêtaient pas d'envoyer leurs attaques à l'adresse du camp adverse.
Les moines étaient en train de sortir en criant, l'apocalypse se déclenchant un peu trop tôt pour eux. Les pauvres, s'ils savaient... Des craquements lourds retentissaient, des pans entier des étages s'effondrant, déjà que la Tour n'était pas très en forme, ça n'améliorait pas la situation...
— Monsieur  !
Dans le hall d'entrée, Myriam interpella et agrippa un moine qui faisait office de meneur, guidant ses frères à l'extérieur. Le pauvre homme, encore endormi et visiblement sorti en plein milieu d'un cauchemar, vu l'air hagard qu'il arborait, ses yeux exorbités et rouges à cause de la peur et de la fumée, la considéra comme une sorcière – ce qui, au vu de sa tenue (entièrement blanche, à cause de la soirée dont elle sortait) n'était pas si fou que ça. Un peu comme une princesse des neiges.
— Est-ce qu'il reste du monde en haut  ?! S'enquit-elle, tout aussi paniquée que lui.
Rien n'allait comme elle le voulait – en fait, ça ne pourrait quasiment pas aller plus mal, bien qu'elle resta une opportunité – mais au moins, visiblement, comme l'homme la regardait avec la bouche grande ouverte, en «  o  », un peu comme si on venait de lui dire qu'il allait rencontrer Arceus, et faisait lentement «  non  » en hochant le crâne de gauche à droite, avant de se ressaisir et de faire sortir ses frères, il n'y aurait au moins plus de victimes à déplorer.
Puis l'un des moines s'arrêta à côté d'elle, essoufflé et en tenue de nuit, un joli pyjama avec des canards roses dessus, et gémit en se tenant les côtes foudroyé par plusieurs points de côtés très vicieux  :
— Il y a souvent des gamins qui viennent faire un pélerinage ici pour se ressourcer et faire mieux connaissance avec leurs pokémons – je crois qu'ils sont au dernier étage  ! Je ne sais pas s'ils sont sortis, alors est-ce que votre Grodrive et vous vous pourriez y aller  ?! S'ils sont bloqués en haut, le temps que les pompiers arrivent, je n'ose imaginer ce qui aura pu arriver...  !
— Combien sont-ils  ?! Balbutia t-elle, terrifiée, mais pas pour les mêmes raisons qu'eux.
Enfin plutôt, elle craignait qu'encore une fois son patron ne se rende coupable de meurtre...  ! Et elle n'avait aucune envie qu'Erika le soit par leur faute  ! Et, ensuite, comme tout personne normale, elle craignait pour les enfants.

Mais alors qu'elle s'apprêtait à emprunter les escaliers, et que trois déflagrations retentissaient en même temps – dont deux de dragons, et une troisième d'un pokémon métallique, apparemment, vu le timbre de rugissement, aurait pu déduire un expert, elle ne reconnut seulement que trois rugissements différents, ce qui la troubla mais sans plus - une voix retentit derrière elle  :
— Miss Nadesh  ?!
La voix lui évoquait quelque chose, mais elle n'avait pas le temps d'étudier la situation. La demoiselle se tourna vite fait pour faire face à son interlocuteur – et vacilla au point de s'effondrer dans les escaliers. Devant elle, venait d'apparaître le n°2 du Top 10 de ceux qu'elle ne voulait en aucun cas rencontrer en ce moment. Le n°1 étant son «  fils adoptif  », le fils de son patron. Le second, c'était le demi...
— Monsieur... Monsieur Silvers  ?!
Oh non non non non. Mais qu'est-ce qu'il foutait là  ?! Qui l'avait appelé  ? Pourtant, en plus, il ne semblait pas agressif. En même temps, de ce qu'elle en savait, des photos qu'elle avait vu, et des conversations téléphoniques (enfin, elle croyait se souvenir que c'était au téléphone?), même après la catastrophe que ses pokémons avaient crées, il n'avait jamais été très agress...
Le regard de la demoiselle tomba sur celui du pokémon qu'il avait utilisé pour venir – Dracolosse. Et lui, en revanche, la dévisageait avec une franche haine. Ils avaient bonne mémoire, ces pokémons, et ils se souvenaient parfaitement de ce que son patron avait nourri de noirs desseins à l'encontre de leur maître. Noirs... Ou plutôt infernaux, car il avait bel et bien eu l'intention de le tuer dès qu'il se serait sorti du pétrin. Au final, l'opération pour lequel l'ancien mafieux leur avait donné un coup de main avait lamentablement échoué, et ils avaient perdu Erika.
Et comme par hasard, il ressurgissait maintenant, au moment même où la plaie de cet événement se rouvrait, et ce avec la vigueur d'une attaque Abîme. Comme pour les assaillir encore plus, et leur faire regretter cet événement un peu plus que ce qu'il n'était déjà.
— V...
— L'imbécile en haut (et il montra d'un signe de tête le plafond) c'est lui, n'est-ce pas  ? Et il est en train de se battre contre Giovanni, le chef de la Team Rocket. Parce qu'évidemment, c'est un criminel, et qu'il faut l'éliminer.
Ne sachant quoi répondre – et n'ayant rien à répondre, d'ailleurs – elle se contenta d'acquiescer, bêtement, et, après s'être donné une bonne claque, de courir dans les escaliers, sans même penser à utiliser Grodrive pour voler, celui-ci flottant bêtement à côté d'elle.

Seulement, comme une paire d'aile battit subitement derrière son dos, son cœur fonctionna de nouveau n'importe comment, et elle se ramassa à nouveau par terre. Elle re-regarda derrière elle, et vit Dracolosse, son dresseur sur le dos, qui lui montrait «  gentiment  » par une ouverture quatre ou cinq personnes descendre en volant de la tour. Puis, un panneau sur les murs, beaucoup plus récent que le reste du monument  : «  Depuis l'attaque de l'arène par la Team Quetzacoalt, des dispositifs ont été mis en place. Des pokémons oiseaux sont ainsi à votre disposition aux derniers étages pour vous enfuir en cas de problème. Cordialement, le Champion.  » Elle poussa un gros soupir, soulagée, et se demanda ensuite pourquoi les moines ne s'en étaient pas servis – ils les laissaient probablement pour ceux qui dormaient dans les étages supérieurs, tels que les dresseurs. Ou pour une raison obscure, qu'elle n'avait aucune envie de connaître. Peut-être qu'ils avaient moyen de descendre en rappel des étages ou des escaliers près des piliers de la tour avec leurs chétifl...
— Non mais – pourquoi est-ce que je me pose des questions comme ça, moi  ?!
Sur ce, venant de se crier dessus elle-même, elle pointa le doigt de l'accusateur sur Rayleigh et s'écria pitoyablement  :
— Je ne vous laisserai pas faire  ! Vous ne l'empêcherez pas d'accomplir sa justice...
— Premièrement, mes pokémons sont déjà en train de combattre en haut pour l'empêcher de tuer mon fils -
… Quoi  ?
— Deuxièmement, je suis venu ici pour vérifier s'il restait des gens à évacuer. Troisièmement, j'ai horreur de faire ça, mais je vais devoir prendre un otage pour qu'il se calme et daigne écouter mes arg...
La pensée lui traversa de «  ça ne m'embête pas d'être prise en otage par un homme si beau  » et tout de suite après, une autre disant «  non mais tu es grave ma fille  ». Puis elle se mit à rire et déclara  :
— Ça ne l'empêchera pas de vous tirer dessus, il s'en fiche si je suis blessée...
— Mais est-ce qu'il s'en fiche de savoir que s'il tue mon fils, il risque de servir les desseins de la Team Quetzacoalt  ? (Le grand sourire qu'il avait voulait tout dire) D'après ce que j'en sais, il n'est pas stupide à ce point.
De quoi est-ce qu'il parlait...  ?

Il devait mentir...

Ce fut pourtant, trente secondes plus tard, devant le toit d'une Tour Chétiflor encore brûlante que s'éleva un Dracolosse, avec une demoiselle en robe blanche dessus et un homme d'un certain âge toujours fort alerte, à la longue chevelure blanche et d'une classe affolante. Plus précisément, ils se mirent entre les deux camps qui n'arrêtaient pas de tirer, rejoignant le troisième camp.
L'origine des trois hurlements de tout à l'heure était simple  : Trixohydre avait balancé un Draco'Météores, les dragons de Rayleigh étaient intervenus en faisant la même chose, et l'un des pokémons du duo Erika/Giovanni s'était probablement joint à l'attaque. A moins qu'il ne s'agisse d'un troisième dragon.
Tout cela, alors que les balles sifflaient sans arrêt, perturbées logiquement par les massifs déplacements d'airs effectués par les attaques et les efforts des pokémons pour toutes les arrêter avec des Abris, Protections et tout autre façon de défendre leur maître imaginable.

La surprise interrompit logiquement le camp Rocketien, et l'autre aussi. Cependant, l'autre ne tarda pas à vriller.
— ORDURE  ! Rugit l'homme au chapeau troué. Tu prends des otages à présent  ?!!
— Attendez, monsieur, celui sur qui vous tirez, c'est votre...
Gallame, choqué, transmit le message mental par images – sur le coup plutôt mignonnes – au lord. Que cela laissa totalement froid. Il était en train de tirer sur sa «  fille adoptive  », qu'est-ce qu'ils voulaient que ça lui fasse, un lien de sang brumeux au possible  ? Fallait arrêter, à un moment. Comme si ça avait une quelconque importance.
Myriam s'était interrompue, puisqu'elle pensait déjà la même chose et que son absence de réaction venait de le confirmer. Puis ce fut quand elle le vit pointer son canon sur Rayleigh, animé par la fureur, qu'elle sut qu'il allait tirer – et pas pour s'amuser, ni pour blesser, comme il en avait l'intention pour Erika, ne craignant visiblement aucunement Giovanni qu'il aurait apprécié défaire sans ôter la vie, pour l'achever plus tard ou mieux, le traduire en justice. Non, cette fois, ce serait pour tuer.
Cependant... Il y avait une raison, apparemment. Une bonne raison pour qu'il arrête les tirs. Anorith ne baissait toujours pas son Abri, peinant à le maintenir, et Gallame le soutenait encore. Myriam s'écria  :
— S.... Selon monsieur Silvers, il... Monsieur, vous devez l'entendre  !
Curieux, mais néanmoins méfiant, car elle n'osait visiblement pas le dire à haute voix, il ne baissa pas sa garde, mais fit un signe de tête dédaigneux, pour lui signifier de s'approcher. Elle fit la grimace, et se tenant à Grodrive, rejoignit sa place, consciente de passer au beau milieu de l'espace aérien où ça venait à peine de s'arrêter de tirer – l'apparition du père de Giovanni étant une raison suffisante.

Tandis qu'elle se rapprochait de son patron, l'ancien contrebandier faisait de même, mais vers son fils et son garde du corps décidément bien jolie. Pour le moment, il y avait une raison pour que le lord arrête les tirs, ou plutôt deux excellente, dont une qui concernait Roserade au sujet duquel Myriam était plus qu'inquiète et espérait sincèrement que Rayleigh lui permette de le récupérer  ; et l'autre qui concernait le rôle de la Team Rocket. Le problème était que EUX, ils n'avaient rien à gagner à les épargner.
Au pire, elle pouvait envoyer Gallame le récupérer... elle jeta un œil contrit vers Rayleigh, espérant qu'il leur permettrait de la récupérer. Son patron fit de la place, et la récupéra, puis la fit monter sur le dos de Trioxhydre et la considéra sévèrement.
— Ces monstres ne méritent aucune pitié. Pourquoi te permets-tu ainsi d'interférer...  ?
— Cette Team Rocket... Ils ont passé un accord avec la police. Enfin, avec monsieur Rivu. Une immunité pour permettre à Giovanni et son équipe d'éliminer la menace des terroristes plus rapidement... Ils n'ont aucun intérêt à ce que le monde soit détruit, eux. Il, euh... A dit que ça vous permettrait peut-être de reconsidérer la question. Et puis, Roserade...
— …
Il jeta un regard acier froid sur eux. Et soupira profondément, au bout de deux longues minutes.
— Si c'est vrai, cet Esti est encore plus faible que ce que je pensais. (Ses lunettes étincelèrent sous la lune.) … C'est vrai qu'ils ont des moyens moins... éthiques, et plus efficaces, que la police. Je peux comprendre la logique derrière ça... (Il secoua la tête et la releva, comme une furie, tenant en joue Rayleigh.) … Mais pas la pardonner  ! Très bien...
Une balle partie – de dépit. Elle ne toucha rien, sifflant simplement à côté de la joue de Rayleigh. Puis, de fureur, il plaça le cran de sûreté et baissa le canon.
— Ha  ! Ça vous sauve la mise pour le moment. Collaborateurs un instant, et meurtriers sanguinaires drogueurs et voleurs le second. Ça ne me plaît pas....
Ces mots évoquaient des choses aux oreilles de Myriam. Elle poursuivit doucement  :
— Mais d'ici là, Johto peut bénéficier de leur férocité... Tout en prenant bien garde de s'en préserver. Nous pouvons donc arrêter les coups de feu...  ?
Il soupira.
— Ça ne veut pas dire qu'il faut baisser sa garde... Hein, Erika. (Il fit une grimace puissante, et parla cette fois d'une voix puissante, pour qu'on l'entende à l'autre bout.) … Si vous avez besoin de moi contre ces ordures... Je crois que vous savez maintenant ce dont je suis capable.
Ce mec puait l'arrogance à trois kilomètres. Pendant ce temps, Myriam et Roserade échangèrent un regard plein d'angoisse. Elles voulaient de nouveau être réunies... Mais malheureusement, ça ne dépendait que du bon vouloir des trois protagonistes sur la tour.
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Giovanni Sakaki
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MessageSujet: Re: Le bal des Armes (PV Hoshi+Giovanni)   Jeu 26 Sep - 0:04

Ils étaient dans leurs positions. Erika avait dégoté son angle de tir avec rapidité, et tirait presque en rafales, tant elle enchaînait les coups de feu. Néanmoins, quand son ancienne famille cessa de faire du bruit, sa cadence ralentit. Pour cause, il était plus dur de les repérer désormais, avec ce brouillard…

Seul un cri féminin apparemment effrayé donna un furtif indice de ce qui pouvait se tramer.
Giovanni pesta. De son côté, il s’était déjà fait bousculer trois fois par la même personne, ou du moins, il le crut, ces moines se ressemblant tous, avec leurs habits modestes, leurs crânes luisants et…

Une brève idée survola l’esprit du Pokémafieux qui saisit par la manche un moine arrivant à sa hauteur. Le malheureux le regarda avec effroi, normal, son étage venait de s’effondrer la Tour Chétiflor menaçait sérieusement de s’écrouler. Sans compter l’échange de coups de feu qui ne rassurait pas vraiment les pro-peace-and-love. Le quadragénaire le regard à son tour, le juchant de haut en bas. Bien. Ils avaient plus ou moins la même corpulence. Son interlocuteur l’observait, silencieux, avec une lueur craintive se reflétant aux creux de ses yeux. Le pokémafieux quant à lui évaluait si son plan pouvait s’avérait être salvateur, ou non…

Il était clair que si Erika et lui demeuraient ensemble, à un moment ou à un autre, ils se feraient dégoter par … l’homme au chapeau.

Mais, après qui en avait-il vraiment ? Après sa « fille adoptive » qui semblait l’avoir trahi d’une façon ou d’une autre vu la façon dont se déroulait l’affrontement… ou bien contre lui, étant donné le mépris qu’avait affiché son visage lorsqu’il l’eût identifié comme Giovanni Sakaki.
Le quadragénaire n’aurait su le dire clairement, si Godfrey avait un ordre de préférence entre loger une balle entre les bouclettes d’Erika, ou lui loger une balle à lui.
Mais ce qui était sûr, c’est qu’ils lui faciliteraient grandement la tâche à rester grouper… Et vu que la jeune Sasaki gérait très bien toute seule à distance ses opposants, et qu’il relevait plus d’un poids – mort pour le moment… il lui fallait passer à l’action. Il les cueillerait dès qu’ils poseraient pied au sol, ou iraient chercher du renfort.

Pour ça, il devrait sortir incognito de la tour, et donc nécessitait des habits du moine.
Moine qui fondit soudainement en larmes, n’en pouvant plus du climat tendu auquel ses années de méditation n’y pouvaient rien, et chercha du réconfort dans les bras du mafioso, qui leva soudainement les yeux au ciel.

Tss.

Ces gens… croyants. Et tant sensibles. Ils l’agaçaient.

Un petit « Bam », et le corps de l’homme s’affaissa par terre. Sûrement inconscient. Pas pour toujours, mais pour longtemps.
Giovanni profita qu’Erika était trop occupée à repérer son ennemi pour dévêtir l’homme religieux, enlever son costard et le troquer contre la tenue de moine.
Chose faite, il couvrit sa tête de son capuchon, et descendit de quelques étages. Une poigne de fer s’agrippant à ses Pokéballs, prêtes à l’emploi… Prêtes à un emploi… sanguinaire.
Au même moment qu’il sauta des dernières marches d’escaliers, il croisa une frêle silhouette vêtue d’une robe qui avait perdu de sa superbe avec la poussière. Sakaki l’outrepassa en la regardant du coin de l’œil. Si l’occasion se présentait qu’elle lui montrât son dos, il en serait fini d’elle, pour sûr.

Et… l’occasion se présenta.

La demoiselle, trop occupée à atteindre son but, qui se relevait sûrement être Erika vu qu’elle montait les étages, ne remarqua pas qu’une silhouette encapuchonnée la suivait.
Et, alors que des mains aptes au meurtre se rapprochaient inexorablement de sa nuque, une voix stoppa son élan et le força au repli. Une voix, qui fut secondée d’une autre, que Giovanni reconnut immédiatement.

Myriam s’était retournée, et la stupeur se lisait sur son visage. Elle ne remarqua pas Giovanni, qui ressemblait à un simple moine qui traînait par là. Il était trop insignifiant pour qu’elle daigne lui prêter plus d’attention, surtout qu’elle avait deux personnes bien plus intéressantes avec qui communiquer.
Un homme dans la force de l’âge, qui arborait ce qu’on pouvait qualifier de rictus moqueur. Son… père.

Sakaki n’avait aucune idée de pourquoi ni comment il parvenait à ressentir cette émotion, mais il sentit un soulagement à voir la présence de son père. Il l’avait appelé et… et l’instant d’après… il était là.

C’était la toute première fois dans sa vie que Giovanni constata qu’il pouvait vraiment compter sur… quelqu’un. Et lorsque ses yeux s’attardèrent sur le regard acier de l’ancien contrebandier, dans sa tête, il affilia ce faciès au mot « papa », instinctivement. Ce qui, quelques mois auparavant, n’aurait jamais été possible.

Le fil de la conversation, tant l’intervention de son père lui avait paru miraculeuse, l’avait échappé. Néanmoins, l’ex-champion eut la sagesse de se mettre en retrait, dans un coin d’angle, pour écouter la suite sans attirer des suspicions soudaines de la présence permanente d’un moine entre les différents protagonistes. La voix de Myriam résonna parmi les craquèlements de la tour qui subissait des assauts répétés de parts et d’autres, avec plus de force que ceux du début. Ce n’était désormais plus que des coups de feu, mais des coups d’attaques Pokémons assez virulentes.

— Je ne vous laisserai pas faire ! Vous ne l'empêcherez pas d'accomplir sa justice...
— Premièrement, mes pokémons sont déjà en train de combattre en haut pour l'empêcher de tuer mon fils -

Giovanni fronça les sourcils. Pourquoi … Comment Rayleigh pouvait avoir l’air si… alerte, tout en demeurant calme. Il donnait l’impression de savoir comment manager la situation, alors que pour Giovanni, cet homme, était un nouveau danger auquel il ne s’était jamais frotté malgré ses années de règne malsain. Et … d’où est-ce que venait cette ressemblance entre l’homme au chapeau et… son père…

La proposition de prise d’otage par Rayleigh dans le but d’empêcher le plus de sang de couler possible coupa court aux pensées du quadragénaire. La demoiselle y répondit par un rire franc.

— Ça ne l'empêchera pas de vous tirer dessus, il s'en fiche si je suis blessée...
— Mais est-ce qu'il s'en fiche de savoir que s'il tue mon fils, il risque de servir les desseins de la Team Quetzacoalt ? D'après ce que j'en sais, il n'est pas stupide à ce point.

Les deux protagonistes ne le surent pas, mais au même moment, Myriam et Giovanni se posèrent la même question… de quoi est-ce qu’il parlait ? Et pourquoi arborait-il un sourire aussi… serein et confiant ? Giovanni en était frustré. Son père débarquait, avait déjà des plans d’approche, semblait maîtrisé la situation, alors que lui, le grand Leader Rocket, se promenait en pyjama dans la tour pour tenter de trouver une brèche afin de : soit préparer une stratégie pour cueillir le fou, soit de fuir.
Bien que la dernière idée ne flattait guère son égo…

Fuir… Il en avait la possibilité. A présent, son père emmena Myriam hors de la tour, prêts à se confronter avec l’ennemi. Personne ne le remarquerait, et ainsi, il le sentait, son instinct, le produit de Takhojo qui circulait désormais très faiblement au point d’être inexistant, dans ses veines, lui hurlait de prendre la fuite. De ne pas s’inquiéter de la survie de son père, ou de celle d’Erika. Que la fuite était le seul comportement rationnel face à un tireur expérimenté qui avait dominé tout l’affrontement jusqu’alors, tandis que Giovanni était un homme blessé, ralenti, et surtout, psychiquement, fatigué depuis plusieurs semaines… Grâce à un effet placébo qui ne fonctionnait plus. Grâce à un Abel Kujaku qui avait, peut-être sans le savoir, changer le cours de son destin en remplaçant les flacons d’alimbicol par un substantif inoffensif.

Giovanni, pour une des rares fois de sa vie, ne savait que faire… Il commençait sincèrement à perdre sa capacité de réflexion de stratège… Ses yeux vaquèrent sur le parquet broyé de l’étage, puis se nichèrent devant lui, fixant un point imaginaire. Au loin, il lui sembla apercevoir, parmi l’agitation des moines, la silhouette de Tina.

Ensanglantée.

Mais elle disparut aussitôt qu’elle était apparue.

Il n’en fallut pas plus pour le mafioso pour reprendre ses esprits, et s’administrer une gifle, histoire d’allier la sensation psychologique à une physique.
Damnation, son père entamait un dangereux échange avec l’ennemi, et Erika devait bien être à découvert, ce n’était pas le moment de se laisser aller à la rêverie !

Dans une course effrénée, le pokémafieux sortit de la tour, et tomba nez-à-nez avec le dos de son père. Myriam avançait en direction de l’homme au chapeau, Erika était à côté du septuagénaire.
Dans la plus grande discrétion, profitant que l’attention de tous était ailleurs, Sakaki lança Triopikeur s’enfouir dans la terre, prêt attaquer au moment opportun. Le trio de pokémons saurait ce qu’il aurait à faire, au bon moment. Un second flash rouge perturba la quiétude de la nuit, et une silhouette imposante en sortit. D'un mouvement de tête, l'ex-champion l'intima de s'en aller plus loin...

Chose faite, mafioso arracha l’habit qui lui donnait l’apparence de moine et le jeta au loin, puis rejoignit le groupe, se faisant remarquer par la blancheur de sa chemise contrastant avec les ténèbres de la nuit. Désormais, il serait une cible facile pour Godfrey, si la lubie de le tuer lui reviendrait. Il était là, à découvert, avec ses alliés. Sa décision était finalement prise. Non… il ne fuirait pas.

Il combattrait…au côté de Rayleigh, et d’Erika, quand bien même ce fut le choix le moins rationnel.
L’attention du quadragénaire se concentra sur Godfrey, qui paraissait en proie à une rage intérieure. Comme si… il ne souhaitait que voir la cervelle de Rayleigh s’éclaboussait sur le sol. Sakaki prit ce regard empli de haine comme une insulte personnelle. On ne jaugeait pas de la sorte des gens de sa famille.. oh que non… Il crispa les poings, mais la voix de son père, toujours aussi légère, comme si la situation n’exigeait pas de sérieux particulier (d’ailleurs, Rayleigh en était-il seulement capable, de sérieux ?), le détendit

« Tout se passera bien. Il suffit de savoir par quel angle approcher mon… ».

Rayleigh ne termina pas sa phrase.
La discussion qu’eurent Myriam et Godfrey sembla être terminée, et une balle vint frôler la joue de l’ancien contrebandier, qui tiqua de surprise. Et la conversation reprit, entre l’homme mûr et la jeune femme. Godfrey, malgré tout, était toujours tiraillé entre son envie de les tuer, et celle de procéder à l’échange, pour récupérer Roserade.

Giovanni savait quelles étaient les attentions de son père. Offrir la pokémon afin d'avoir la paix, et pouvoir repartir tranquillement chez lui, la conscience tranquille de ne pas avoir à préparer les funérailles de son cadet.
Mais pour le mafioso, sa conception des choses différait.

Déjà, l'homme au chapeau avait attenté à sa vie, et à celle de son élite, et en voulait manifestement à celle de son père. Il composait donc une menace, une vraie bombe à retardement qu'il n'aimait pas voir écartée. Surtout que derrière la pâleur du gris de ses yeux, se reflétait une mégalomanie qu'il n'avait pas à l'envier. Il semblait croire faire ce qui était juste, et avait manifesté sa tendance à se considérer comme un épurateur rien qu'en le traitant de criminel devant être puni.
Sakaki ne se vantait pas de l'avoir cerné, néanmoins il croyait savoir pourquoi sa mort était désirée par l'homme devant lui. Le sens de la justice. L'envie de voir une ordure disparaître de la surface de la terre.

De tous ses ennemis rencontrés, les fanatiques, ceux qui se sentaient motivés par une cause supérieure, étaient les plus dangereux, et surtout, les plus imprévisibles. Peu importait le désespoir et la crainte qui se lisaient dans les regards de Myriam et de la Roserade, Giovanni ne se voyait pas faire l'échange, et repartir chacun de son côté. Il ne désirait pas mourir d'une balle dans la nuque d'ici une semaine. Car il pressentait bien que ... cet homme, qui les surplombait tous, n'était pas du genre à lâcher l'affaire, et encore moins à pardonner. La rancune se lisait sur chacun de ses traits, et le regard qu'il lui renvoyait ne le plaisait nullement. Comme un dératiseur qui observait la vermine qu'il allait chasser de la surface terrestre. Ce qui flagellait à nouveau l'égo du quadragénaire...

"C'en est trop."

Giovanni s'était avancé.

"Votre arrogance est à la hauteur de votre habileté à manier la gâchette. Vous me regardez de haut... Alors que la vermine ici, c'est bien vous...

La ténacité dans le regard du pokémafieux égalait tout simplement celle de son adversaire. Deux égocentriques, qui se livraient un combat d'orgueil...

"Je ne vous laisserai pas menacer mon agent, sous ma responsabilité, ni mon... père. Il n'y aura pas d'échange, juste un règlement de compte."

Au même moment, une source de chaleur se dessinait dans le dos de Godfrey. Une puissante déflagration se dirigeait vers lui en ce moment-même, lâchée par un Nidoking tapis dans l'ombre depuis tout à l'heure, qui avait sagement attendu le signal de son maître. Au même instant, Giovanni dégainait... et s'apprêtait à tirer.

"Erika, soutiens mes tirs !"

Avait-il ordonné, ravi de reprendre les rennes de la situation, et de recouvrer sa position de leader... Quitte à en payer de lourdes conséquences.

_________________


You might be a big fish on the pool, but right here, I'm t he SHARK...




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